Massa & Meriba

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Je suis né sous Eyadema Gnassingbé ! À mes 25 ans Faure Gnassingbé devint président. A la suite de son Père. Si des situations de ce genre et d’autres similaires, ou toutes celles qui en découlent, peuvent être assez frustrantes et soulever des haut-le-cœur, elles ne suffisent pas toujours à justifier le désordre populiste et les débordements de haine et de colère.

Pourquoi ? Je vous le dirai dans les lignes qui suivent.


Il y a quelques jours, la révolte des populations burkinabé contre la modification de l’article 37 de leur Constitution, a débouché, sur l’éviction du désormais Ex-Président Blaise Compaoré. A la suite d’un cafouillage qui reste d’ailleurs à dissiper, ils s’y attèlent !

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Vous savez, l’expansion des réseaux sociaux a fondamentalement bouleversé certaines fonctions : celles de journalistes, de commentateurs politiques et d’experts en tous genre, bien suffisamment. Je dis ça, j’en fais évidemment partie et je ne m’en cache pas. Il est donc usuel de nos jours, d’assister à différentes prises de positions qui enchantent la « liberté d’expression » sans forcément aboutir sur une bonne et juste appréciation des choses. Chacun ayant la parole et cherchant à se construire un profil séduisant, on s’adonne à des postures qui frisent la gymnastique contorsionniste! Mais non, on ne s’attardera pas sur ces inventeurs d’images publiques qui défient les experts en gestion d’image ! Chapeau les artistes !

C’est donc ainsi que beaucoup ont ignoré (exprès ?) le véritable rôle joué par l’armée dans le départ de Blaise Compaoré en s’épanchant uniquement sur une certaine vertu de la révolte populaire.

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J’ai dénoncé à l’époque, (enfin y a deux semaines), les violences et les saccages, les casses et les destructions de biens publics et privés, les pillages et les incendies ! Mal m’en prit !

Des profils que je croyais pourtant bien avisés, ont laissé toute jugeote, pour encourager ces débordements nocifs au nom du ras-le-bol et de la persévérante « démocratie ». Persévérante oui elle l’est, pour continuer à porter les idéaux des populations malgré tout ce qui se fait en son nom.

Ces profils s’en sont ensuite pris à moi, parce que je ne participais pas à l’euphorie générale et que j’étais là à « casser l’ambiance » en appelant au calme et à une prise en compte plus responsable de la situation.

Avais-je raison ? Oui et non !


Oui parce que ces destructions créent à n’en point douter des drames individuels et collectifs qui ne seront jamais résolus ou presque, et que nous devrions penser à agir comme des êtres humains dotés de pensée et de réflexion et de sens de la responsabilité.

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Non parce que bien-sûr, quand les peuples souffrent et contestent une situation depuis assez longtemps, on peut comprendre leur insurrection qui n’est souvent que la juste rétribution face à l’immobilisme et à l’oppression.


Cet immobilisme-là semble d’ailleurs exister dans plusieurs pays d’Afrique, dont le Togo ! On n’est donc pas surpris par les différents appels, ouverts ou déguisés, des uns et des autres à une réplication de la révolte burkinabé au Togo. Mais une fois encore je dis NON !

J’accepte de passer pour celui qui est malade, qui a vendu son âme et qui s’oppose au changement, si mon combat est de dire haut et comme bon me semble, que la violence n’est solution à rien. Je fustige cet immobilisme qui bloque l’ascenseur social dans notre pays et qui nous a longtemps sacrifiés à l’autel du parti unique et d’une politique inique qui ne laisse de chances qu’à une minorité. Mais je suis pour une solution négociée. Je dénonce donc tout appel au trouble de l’ordre public, fut-ce-t-il pour réclamer une juste modification de la Constitution et une honnête limitation des mandats présidentiels.

La démocratie réelle que nous appelons de nos vœux nous impose le respect des choix partisans et l’acceptation des différences.


Croyez-le ou non, puisque vous vous laissez si facilement embourber par vos propres convictions et perceptions, il y a au moins 40% de la population Togolaise qui soutient le président Faure GNASSINGBE et j’en fais partie. Tournez les différents résultats des élections passées dans tous les sens, avec ou sans fraude, 40% est un chiffre juste. Et ils n’ont pas à craindre l’exclusion et la chasse à l’homme aux matins d’une alternance politique. Il faut donc intégrer la paix et le calme dans nos propos, accepter l’histoire de notre pays et inclure tous les togolais dans nos choix politiques. Cela est valable pour chaque camp! Par ailleurs, j’estime néanmoins,que n’étant pas dans un royaume, toute succession héréditaire à la tête du pays est à proscrire même si aucun trait de la Constitution n’empêche le fils d’un ancien président de briguer la magistrature suprême ! D’ailleurs il y en a un qui nous a légué ses fils, neveux et gendre dont on a que faire en réalité.

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Revenant au Président Faure, ses résultats sont d’une telle éloquence et l’offre adverse d’une telle médiocrité, que je préfère de loin lui renouveler mon vote que de risquer une alternance improductive. Ceux qui exigent cette alternance « obligatoire » pensent-ils au peuple réellement, où se positionnent-ils aussi pour accéder aux responsabilités juste dans le but de s’assurer des lendemains meilleurs ? Pourquoi peinent-ils tant à s’entendre si les intérêts particuliers ne sont pas en jeu ?


Notre conception de la politique est devenue si empestée de mauvais choix, que la fonction de Chef d’Etat est galvaudée, méprisée.

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Les opposants dénonciateurs systématiques se cherchent un chef, un candidat, tandis qu’en face, celui que vous accusez de tout et que vous affublez de tous les noms d’oiseau, fait amende honorable pour tout le poids que représente son nom, son histoire, sa famille politique controversée à raison, et s’exécute chaque jour dans une gouvernance axée sur les réformes et le redressement économique à fort impact social.

On dira ce qu’on voudra de lui, mais son travail en dix ans impose le respect. Et s’il doit passer le tablier et les insignes de sa charge à quelqu’un, que l’on se rassure véritablement que celui-là soit capable d’en assumer les responsabilités et de conduire le pays dans cette marche inexorable vers l’émergence qu’il a entamée. Et comme on cherche en vain du côté de l’opposition sans trouver que des aventuriers et des candidats peu scrupuleux et pas rassembleurs, fermons les yeux sur nos passés douloureux tout en les gardant en mémoire pour les éviter désormais, et focalisons nous sur notre avenir en construction.


Le jeu politique est d’une telle complexité que nos cerveaux réduits à 140 caractères ne peuvent toujours appréhender. Il nous faut garder à l’esprit pourtant que si nous distillons des incitations à la violence et des appels à la destruction, cédant à l’euphorie générale ou pour nous conformer à l’ambiance qui prévaut, nous induisons ceux qui nous lisent en erreur. Ceux qui sont à l’étranger et qui jouissent d’un mode de vie différent sont les plus prompts à dénoncer, insulter, inciter, mais seuls ceux qui sont dans le pays seront directement et le plus comptables des dégâts et des pertes.

Vous avez encouragé l’Egypte la Tunisie, la Libye, la Syrie et récemment le Burkina, hier le Tchad ! Que dites-vous de ces cas aujourd’hui où ces populations que vous avez poussées à la destruction sont face à leurs vies et à l’utile redressement de leurs Etats ! La Libye est divisée, la Syrie compte chaque jour des morts, le Burkina cherche désespérément un Chef Etat et des calculs n’intégrant pas les populations se font, le pays se partage entre quelques-uns : Zida, la société dite civile et l’opposition, tandis que les employés de l’Hôtel Azalaï, saccagé sont au chômage face à leurs familles !

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Et vous ? Oui vous tous de par le monde, commentateurs et défenseurs des libertés de salon, ceux qui prestes à s’indigner et absents à affronter les vraies réalités, vous tous manipulateurs des consciences, qui aux noms vertueux de la Démocratie, de la liberté d’expression et autres étendards prestigieux, êtes là à promouvoir le refus des solutions consensuelles et à encourager la révolte? Oui que faites-vous à part garder votre train de vie quotidien, sans le moindre remords?

Lorsque vous répandez vos doux venins, sachez que cela prend du temps de renaître des cendres des incendies! La non-violence est un concept difficile certes, mais qui avec Martin Luther King Jr et Mahatma Gandhi a fait ses preuves! De grâce, désormais, cherchez l’inspiration là où elle est profitable à tous! 

Cordialement !

Massa &Meriba. Exode 17 ;7.

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4 réflexions sur “Massa & Meriba

  1. Kossiwa dit :

    ‘Il y a au moins 40% de la population Togolaise qui soutient le président Faure GNASSINGBE et j’en fais partie. »
    IDEM et merci bcp pour cette mise au point. Car vous avez dit tout haut ce que je pense tout bas.

    • Fabrice dit :

      Je suis sidéré face à cet article. vous avez dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.
      Quant à vous mon cher kossiwa, je pense humblement pour ma petite personne que l’analyse faite à travers cet article n’a rien de partisane. On incite à la révolte après avoir amassé les biens également et ensuite quand on dètruit c’est la population qui en souffre et non point ces soit disant opposant qui ne pensent au fond qu’â leurs intérêts ainsi qu’à ceux de leur famille et pas du tout au pays. J’ai dit.

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