Une certaine conscience de l’éternité

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Face à la mort: une certaine conscience de l’éternité

Nous naissons avec très peu de certitudes sauf une seule: nous allons tous mourir. C’est même en celà que lorsque quelqu’un me demandait l’autre jour si je croyais en « la vie après la mort » je lui ai répondu Non arguant que la mort étant la fin de la vie, cette dernière ne peut donc continuer à être au-delà de la mort; s’il est question d’une forme d’existence au-delà de la mort en effet, on ne peut pas l’appeler « vie » même en y ajoutant « après la mort ». Bref nous parlerons peut-être de cela une autre fois. Ce qui est sûr c’est que nous allons tous mourir et ensuite on verra. D’ailleurs personne n’est encore revenu raconter ce qui s’y passe, toutes superstitions et croyances mises de côté.

La mort est la seule certitude de la vie en vérité. Tous autres événements de la vie peuvent ne pas avoir lieu mais tous, sauf la mort. Est-ce pour cela qu’on observe depuis toujours plusieurs réactions particulières face à la mort?

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Devant l’avalanche de manifestations d’intérêt pour la personne et le parcours de l’artiste togolais Jimi Hope qui nous a quittés dans la nuit du 4 au 5 Août 2019, si ces manifestations sont méritées au regard du grand talent de l’homme et du grand impact du personnage qu’il a incarné pendant sa vie, il est bien possible de finalement se poser la question de la réaction des vivants face à la mort d’un des leurs, d’une idole qui plus est. Et bien entendu, ce n’est ni pour freiner l’ardeur des manifestants, ni indexer l’intérêt subit pour le personnage que la mauvaise qualité des orientations culturelles de notre pays avait déjà tué un peu depuis. On me parle de fresques murales marquantes de notre capitale non payées, et je sais pouvoir compter sur les doigts le nombre de gens qui encourageaient sa musique en achetant ses œuvres, pire les reconnaissances officielles que méritait son influence avérée sur la musique togolaise.

Afin de ne pas ajouter de la douleur à la douleur du deuil, je veux juste exposer ici quelques points sur ce que j’enonce en titre : face à la mort : une certaine conscience de l’éternité.


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Les larmes, les chagrins les douleurs sont ils juste dûs au manque que causent les décès et peut être la tragédie qu’ils peuvent parfois revêtir? Une pensée pour l’humoriste Folo et ses compagnons ainsi qu’à la diva Bella Bellow…

Serais je en tort si j’estimais que la douleur de la mort est liée certainement à notre conscience enfouie, innée même de l’éternité?

Puis je affirmer ici que l’étonnement face à la mort et les grands cris qui sont poussés même lorsque la personne atteint un certain âge ou même souffrait de façon notoire de maladies mortelles… sont un aveu de notre conscience de l’éternité?

Le corps est périssable mais l’âme est immortelle. Au fond de nous, nous le savons. Alors face à la mort nous sommes choqués de ce frein à l’éternité; justement parce que nous ne sommes pas en mesure de raconter l’état de séparation de l’âme et du corps et de rendre témoignage de ce qui se passe ensuite. Lorsque l’âme se désincarne, nous nous retrouvons face à l’impossibilité d’imaginer l’être défunt sous une autre forme perceptible, et nous entrons dans la considération de la fin. Alors en Afrique surtout, les théories s’enchaînent : sorcellerie, poison, mauvais sorts, jaloux, ennemis et autres tantes et grands-mères qui ont bon dos, pour porter la responsabilité supposée de la mort du défunt.

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Je dis souvent à des proches à qui je parle de divers sujets, qu’en Mina (Ewe) langue du Sud Togo, le verbe être et le chiffre huit (8) ont le même vocable : nyi. Puis, je les invite à renverser le chiffre huit pour être face au symbole de l’éternité, et je leur dis que nos aïeux savaient depuis, que notre être profond, véritable, était éternel alors ils ont utilisé le même vocable pour identifier cela.

Nous sommeths au sommet de la théorie capillotractée, mais ce n’est pas grave n’est ce pas?


Parlons ensuite des différentes cérémonies de deuil dans toutes les cultures du monde: 1- celles pour accompagner le défunt dans un univers inconnu et ici, on l’accompagne de ce qui lui appartient, là on organise des jours et des jours de rituels pour enterrer, incinérer, absorber etc…   2- Celles pour organiser le souvenir de ces défunts : monuments à leur gloire, mausolées, pierres tombales, albums photos, vidéos, dates de commémoration, ou encore 3- celles pour conserver l’existence des défunts: embaumements, rites des cheveux et des ongles, attribution des noms du défunt à des nouveaux nés etc…

Je vous invite à considérer que toutes ces manifestations sont une forme d’aveu de conscience de l’éternité. L’infinitude de notre être profond, cette part divine en nous que ni le temps, l’espace ou même la mort ne peut altérer.


Le drame de la mort par contre, en l’occurrence aujourd’hui où les postures sur les réseaux sociaux sont là règle: c’est que ces manifestations d’intérêt sont si hypocrites et éphémères qu’elles disparaissent si vite, faisant justement ainsi, un pied de nez à l’idée même d’éternité.

Demain ou même ce soir, on sera passé à autre chose. Et nos morts, illustres ou non, passeront dans l’éternité de l’oubli.

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J’ai dit.

Lovejoyce.

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