Suivre Dieu et perdre

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Beaucoup de gens croient en Dieu et ce malgré les efforts de la science et des sceptiques qui pensent en gros que cette idée de Dieu est absurde. Les Africains sont champions en la matière, et dépassent les Hindous qui, en termes de dieux sont, disons riches. Et encore on se limite à ce qu’on voit de l’extérieur sans oser aller plus loin pour comprendre l’Hindouisme et ses particularités, pour se rendre compte qu’en vérité ils n’ont pas tant de dieux que ça.

Alors les Africains! Nos traditions intégraient déjà et de façon très structurée l’idée de Dieu bien avant l’invasion du christianisme et de l’islam. Oui invasion. Bien avant le christianisme existait ce qu’on appelle animisme. Et ce terme d’animisme qui me fait me demander, là tout de suite, pourquoi est-ce si proche du terme animal. On me dira que c’est plus proche de « animer » que d’animal, dans l’idée qu’on fait vivre des mottes de terres et des sculptures en considérant qu’elles ont une existence proche et donc « animisme » ce n’est pas « la religion des animaux ». Je me méfie quand même. Pour des gens qui font parler des buissons ardents qui ne se consument pas, et qui se mettent à genoux devant des croix en bois, et qui n’ont pourtant pas appelé cela « animisme », comme disent les Camerounais : Je wanda.

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Bref, les sociétés africaines se sont toujours abreuvées intensément de tout ce qui se rapporte à la considération d’une certaine force immanente qui décide de tout, et est la raison et la solution de tout. Donc le nid était prêt pour accueillir l’invasion de ces religions de la croisade qui cachaient leur envie de domination sous une fausse mission de convertir les peuples.

Ces colonisations faites et les religions ancrées dans nos éducations, nous africains, avons le réflexe de suivre Dieu, chacun selon ses interprétations et ses choix, généralement pour en obtenir un certain bien-être, d’autant plus que les « INCHALLAH » et les « LE ROYAUME DE DIEU APPARTIENT AUX PAUVRES » ayant été soigneusement inoculés. Mais passons!


Que dire?

Que dire quand même de cette énergie qui nous anime, qui communique avec nous, cette nature en vie autour de nous, ces événements exceptionnels dont on n’a que des semblants d’explications? Que dire lorsqu’au fond de soi on choisit (ou pas) d’aller à la rencontre d’une promesse entendue intimement et dont on a du mal à se défaire? Que dire de ces frissons qui vous traversent le corps, de cette sensibilité que vous avez pour le bien, ces émotions ressenties face au mal et à l’injustice, ces voix intérieures et ces songes qui vous parlent, vous enseignent, vous guident; de ces mots qui sortent de votre esprit et s’agitent au bout de vos doigts sur un clavier d’ordinateur comme c’est mon cas en ce moment?

C’est à ce moment que la larme vous arrive à l’œil et vous vous dites que c’est Dieu. MAWOU : celui que rien ne dépasse (en éwé langue du sud Togo).

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Ce qu’il ne sait pas lui, c’est que pour nous les humains, tout nous dépasse. Et la prison du corps pour une âme qui décide de le suivre est la pire de toutes les prisons. Ce corps en vie pour un temps éphémère et qui ressent la pulsion d’agir mais pourtant il est fait de limites de toutes sortes. Ce corps éphémère qui porte un nom pour un temps donné de cette vie et qui veut créer, construire, édifier, mais ne le peut pas parce que tout finalement semble s’opposer à lui.


Le corps a des raisons que l’âme-raison ne connaît pas.

Dieu entre en contact avec l’homme, mais l’homme ce n’est pas le corps. Cette énergie parle à l’énergie en nous, les deux sont invisibles et décident de tout. Le corps ne peut que suivre et c’est là qu’il perd. Il ne représente plus rien. Ses envies ne sont plus priorités. Sa vie n’existe plus. Lui qui veut posséder, lui qui veut poser des actes, lui qui veut matérialiser ses souhaits et ses désirs, lui qui s’attache aux autres, à ses amis, ses amours, ses parents, ses descendants, ses plaisirs, ses projets, il doit attendre. Attendre que les deux énergies – Dieu et son âme –  décident de tout.

Les yeux ouverts, le corps perd tout ce qui lui tenait tant à cœur, tous ceux qui lui tenaient tant à cœur.

Le corps a des raisons que l’âme-raison ne connaît pas. Lovejoyce Amavi


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Aimer Dieu c’est perdre.

Abraham a perdu les siens, le confort de sa famille pour partir à l’inconnu. Jacob a dû définitivement se séparer de son frère jumeau. Moïse était Prince d’Égypte il est devenu berger et a traîné sa vie dans le désert. Jean le baptiste en a perdu la tête. Mahomet a perdu ses proches et passé sa vie dans le désert. Combien d’autres ont été martyrs pour cette vie à la suite de « Dieu ». Il n’arrive que trop souvent les gens qui donnent de l’importance à cette relation entre leur âme et l’énergie divine, soient rejetés de leurs proches, stigmatisés, traités de fous, considérés comme des échecs vivants.

La vie sociale impose certaines règles qui ne sont que trop éloignées de la vie de l’âme. Lovejoyce Amavi

C’est d’une complexité déconcertante. À quoi bon venir au monde, être dans un corps physique, avoir une vie limitée et ne rien faire pour en profiter et s’accrocher à l’invisible. C’est bien être fou.

Pour beaucoup de traditions religieuses en effet, suivre la divinité c’est tout laisser, tout perdre pour aller au-delà de ce qu’on voit et ressent dans ce corps périssable. L’évangile est clair là-dessus :

Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera. Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme? Mathieu 16 :25-26


Pour finir

Je le voulais court ce billet de blog, mais il faut croire que je parle beaucoup. Mon passé de bavard en classe est disons présent. Aimer Dieu c’est perdre les hommes. Suivre Dieu c’est se perdre. Mais nuance : ce que l’on perd ce n’est rien, ce temps limité et ces plaisirs éphémères. Si on considère ce qu’est l’âme, d’où elle vient et où elle nous porte, on comprendra ce que dit le psalmiste en ces termes :

Vous êtes des dieux mais vous mourrez comme des hommes.Ps 82;6-7

A bientôt mes chers. D’ici là prenez le chemin vers la lumière, un chemin où l’on peut bien se sentir seul.

Ciao!

route

 

2 réflexions sur “Suivre Dieu et perdre

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