À vos masques, prêts? Partez!

J’avoue pour commencer ce billet que son titre n’est pas si original. Qu’importe! Si le contenu de ce que je m’en vais vous dire peut l’être, vous n’auriez pas perdu au change. C’est à la liqueur de café que je dois parfois mon inspiration. Elle me réchauffe et ses propriétés envahissent tout mon être et excite mes pupilles. Je vois donc plus clair; même à travers mes lunettes, mon masque et ma visière. Si, si j’ai mis la totale! Entre les indications et les contre-indications, les interprétations et les contraventions, j’ai choisi de ne prendre aucune chance avec ce virus qui tient le monde à l’ordre depuis plus de six mois.

Haut les masques!

À une certaine époque tout à fait récente, se couvrir le visage était signe de fourberie, de crapulerie. On se couvre le visage parce qu’on évite de se faire reconnaître parce que – attention raccourcion s’apprête à faire ou même qu’on a fait quelque chose d’illicite. On porte un masque pour braquer des banques, des commerces, pour poser des actes répréhensibles qui méritent condamnation. On a trouvé des justifications pour bannir le voile islamique dans les sphères publiques en occident; malgré les protestations des musulmans. Vivre en société c’est vivre à visage découvert : souriez! vous êtes filmés. Le masque jadis était ludique, pour camper un personnage dans une scène, dans un jeu. Il a été esthétique pour mettre plus de mystère et de beauté sur les gens. Il l’est encore lorsqu’il est d’argile, d’avocat, d’aloès, pour plus de beauté encore. Dans des occasions cérémonielles le masque a servi pour des rituels, il fut religieux. Peut-être l’est-il encore, sûrement dans des traditions survivantes telles que le vaudou, le chamanisme.

Alors pour plus de vérité on disait : bas les masques! Se cacher était devenu un crime. Et un matin, la COVID-19 : maladie exceptionnelle qu’on attrape par le nez, la bouche, les yeux; maladie sans remède ni vaccin. Il faut donc se couvrir, se cacher, porter un masque et s’éloigner des gens. Les visages passent désormais sans être reconnaissables. Les gens se croisent sans s’identifier l’un l’autre. Ce sont désormais des cortèges de masques qui arpentent les rues, suivant des consignes et des contresignes dans une discipline totale. Un réel exercice de docilité sociale.

Mascarade!

Après l’église, l’école et l’usine, la Covid-19 instaure le formatage des populations comme jamais Panurge ne l’aurait rêvé. Les protestations fusent de partout tout comme les théories complotistes : les élites nous préparent à une nouvelle ère pour mieux nous dominer encore. Pantagruel et Gargantua, elles n’ont jamais assez d’amasser sur le dos fragile des populations et des contribuables avec la complicité malsaine des gouvernants, des lois et des passe-droits. Après son divorce Jeff Bezos (patron d’Amazon) se refait une santé financière avec la pandémie : Qui dit mieux? C’est à cette scène publique que nous assistons, spectateurs hébétés devant les points de presse quotidiens qui vont et viennent dans un tango de procédures sanitaires; et figurants obéissants lorsque nous n’avons nul autre choix que d’exécuter les ordres. Le monde change : à ciel ouvert et à visage couvert. Allons-y!

Masques à défaire!

Pendant ce temps, que dit-on de ces hypocrisies peintes sur les visages des gens qui vous sourient mais pensent et agissent si mal? De ces personnes dont la sincérité est fausse à faire pâlir l’église catholique de gêne? De ces grands discours vertueux qui se parent d’atours alléchants, se réclament du bien quand intimement ils n’ont d’objectifs que le bien de quelques-uns et nullement celui de tous? Que dire de ces gens qui ont la critique et l’accusation faciles, perdus dans leurs personnages des réseaux sociaux, et pourtant embourbés dans les sphères compromises du pouvoir et de l’argent? De ces délateurs publics qui n’ont pas la vérité des faits mais juste celle de leurs postures? De ces gens sans gêne qui consomment une pince à linge sur le nez, pour éviter de respirer la pourriture de leurs mets assaisonnés d’injustice sociale et de pauvreté des autres.

Quand ferons-nous tomber les masques de l’impérialisme et du capitalisme à outrance, pour redistribuer les richesses communes de notre planète à nous tous? Et les masques de ces intellectuels engoncés dans les idées changeantes au gré de leurs pulsions, qui ne connaissent aucune réalité extérieure parce qu’ils ne prennent pas le temps de sortir de leurs têtes? Les masques de ces hommes et femmes politiques qui vont se servir et pas servir les autres? De toutes ces ouailles fécondes sur les réseaux sociaux et les médias qui empestent la doxa capitaliste et impérialiste? Ces fervents nombrilistes qui s’écharpent entre eux sur des faux débats, quand ils ne sont pas consommateurs invétérés des tendances et des loisirs.

Et si un jour on arrêtait de tout faire à rebours? Triste monde!

Je vais me faire un deuxième café.

À bientôt.

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