Un conte bancal

« Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »

Les jumeaux de l’héritage

Il était une fois, Romulus et Remus, deux princes héritiers d’un loup entré jadis dans la bergerie alors qu’on ne l’y attendait pas, pour y égorger le chaperon naïf qui, régnant, n’a pourtant pas su se protéger de la vermine. S’estimant alors trop élu par les mannes des ancêtres pour tomber de sa stature, mal lui en prit, créant pour ses disciples à sa mort, une triskaïdékaphobie dont ils ne se remettront jamais. Sauf pour l’un de ses fils qui, contre toute attente, boira la cigüe de la honte bien des années après le meurtre de son père chaperon.

Dans ce pays fort fort lointain, le règne du loup y dure toujours, longtemps après sa mort. Ses princes héritiers, s’écharpent aujourd’hui dans la revendication de la propriété légitime de ce règne, en ces temps sombres de disette pourtant, pour les humbles citoyens. L’un n’ayant pas voulu concéder le moindre espace de règne à quiconque d’autre à la mort de leur père de damnation; l’autre, enfant prodigue revenu trop tard, et seulement après le décès du père, se verra fermer l’accès au palais et aux festins. Evangile selon Judas.

Ambiance

Après plusieurs tentatives infructueuses d’avoir part à l’héritage, tantôt à cor et à cris, tantôt renard flatteur, le prince déchu bénéficiera de l’appui d’un Richelieu dont la pertinence s’est usée au fil du temps comme son cuir chevelu, pour partir en croisade afin de gagner Jérusalem 2. Ensemble ils formeront bande à part, avec d’autres manants des bois et autres exclus du palais à la revanche tenace. Ils essaieront de faire feu de tout bois, se prenant pour des Robins des bois ou des Césars conquérants en temps de pandémie de l’an 2020 après la naissance du Nazaréen. Drapés disent-ils, du voile céleste des faveurs de l’olympe, ils rallieront à leur cause tous les déçus du miracle attendu qui n’arrive toujours pas, et bien d’autres corbeaux qui n’ont de quête que celle d’avoir un morceau de fromage dans le bec. Sans succès.

Deux princes de la même médaille

Et pourtant le prince déchu, capricieux et pleurnichard, caché sous les jupons de son évêque à la retraite, ne saurait ignorer que des valets et laquais du palais retroussent les bonnets et les guêtres de ses jouvencelles prudes le jour et pompadours les soirs. L’une avec Gutenberg le scribe officiel à la cour, l’autre avec Absalom beau gosse et frère du roi. C’est le micmac officiel qui sied au temps des Lomotifs dans les écoles, puisque l’éducation y est bannie par l’exemple outrancier du règne de l’incompétence et de l’impéritie. Ne dit-on même pas du Prince larmoyant, fils putatif du père de damnation, qu’il est en commerce avec la sœur du roi? Les Borgia iraient à l’école de ceux-ci, tant ils ont porté l’exercice du vice et du pouvoir au sommet de l’art.

Et le prince sur le trône? Lui et tous les Colbert malicieux qui l’entourent, ces mazarins qu’il a hérités de son père et qui, même tremblants de Parkinson ou Bartimée présumés n’ayant pas été guéris, fonctionnent encore; ces jeunes barons à la dent longue et aiguisée, dignes légataires de l’esbrouffe paternelle; ces nouveaux dignitaires issus des méandres de la concupiscence et de la corruption qui pavanent sans scrupules, parce que pétris de l’argile de l’indignité. Que de déception devant cette Divine Comédie!

Et ces duels de maîtresses effarouchées en quête d’amour sur la place publique, ces acteurs masqués sans honnêteté qui embrouillent les citoyens perdus de cette Rome contemporaine aux lupanars en libre accès: Ils savourent tous l’instant présent, un jour à la fois, un crime à la fois, une gouvernance au forceps. Des deniers publics pour se payer un ranch dans le sud, la gabegie comme mode de fonctionnement, de temps en temps une vie fauchée sans peine encourue, comme pour verser le sang qui sert à implorer la clémence des démons qui maintiennent le système en place.

À la merci de la grâce

À l’évidence rien ne peut changer. Ni par les louanges aux dieux étrangers, ni par les pèlerinages récurrents qui raffermissent les mollets; encore moins en espérant inoculer au sein du système un antidote de perception, qui en changerait la trajectoire. Un jour peut-être il faudra arracher le baobab avec ses racines et toutes les mauvaises herbes alentour, purger au napalm toutes les traces de la bête, brûler Rome tel Néron et reconstruire une citadelle paisible ou chacun agit dans le bien de tous, l’harmonie et la félicité comme piliers indestructibles de la vie commune.

Il nous faudra trouver un Samson sans Dalila, un christ sans croix, ou tout au moins, un Salomon sans reine de Saba. Si l’on veut vaincre sans péril, changer la donne sans périr, transformer sans coup férir.

Que les dieux soient avec nous.

AGOOOO

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