Le Mâle est profond

Quel est-il cet être particulier qui, à l’ère d’Harvey Weistein et du féminisme outrageant qu’on croise sur les réseaux sociaux, fait l’objet d’une inquisition sans nom, menée par déclarations et condamnations, savamment trempées dans le fiel et le hasard? Quel est-il cet humain, dont la pulsion incontrôlée de l’un devient la généralité dont on accable tous ces congénères, et qu’il fait loisir de descendre dans les abysses de la haine et du procès permanents? L’homme, de sexe masculin; à la virilité réprimée et aux envies parfois incontrôlées, à qui il arrive de céder à des besoins assouvissables sans conditions. L’homme, de sexe masculin; poussé constamment par tout autour de lui à la sexualité et aux vices sans normes, celui-là que plus rien ne retient des fois, tant et si bien que nous voulions en parler dans les lignes qui suivent.

L’homo Sexus

L’être humain est sexuel: dans la nécessité de se reproduire et perpétuer l’espèce; dans le désir qui naît dans son ventre pour mourir dans le ventre de sa partenaire. Dans son évolution, il s’est construit des sociétés où le sexe est tout et partout, comme l’ultime dessein de toute vie et ainsi, de plus en plus tout est sexualisé; sexualisant. Des époques débridées et laxistes se sont succédées quand bien même des exégèses tentaient et tentent encore de brimer l’acte sexuel en soi, le reléguant presque à un acte diabolique dont il faut se départir le plus possible. Encore faut-il avoir le nez plongé dans ces textes marginaux et ne s’en tenir qu’à une explication littérale pour ne point remarquer combien tout est sexe et tout sexe est.

C’est ainsi que tout porte à penser que le sexe sous toutes ses formes est autorisable, au nom de l’amour, du pouvoir, du désir, et de l’art (Kelly). Des bandes dessinées au cinéma, de la télé à internet, de la musique aux comptines des enfants… l’amour est enfant de bohème qui n’a jamais connu de loi, pas vraiment en tout cas avant celle édictée de nos jours par les tribunaux populaires des réseaux sociaux. La pratique voudrait que toute dénonciation, calomnieuse ou pas, vérifiée ou non, soit aussitôt sanctionnée par une avalanche de condamnations sans appel. Je précise ici que la présomption d’innocence tout à fait nécessaire, doit quand même être confirmée par un non-lieu judiciaire, surtout lorsqu’on doit devenir ministre régalien dans LE pays des droits de l’Homme. Je dis ça je ne dis rien. #Darmanin

C’est dans ces ambiances suggestives et propices au foisonnement de la consommation charnelle que nous évoluons. On cherchera et on ne trouvera pas un seul film sur Netflix pour me démentir. Le rapport sexuel est même en train de devenir une transaction banale comme toute autre et pour ça remercions les Badoo, Tinder, Bumble et compagnie où les ONE NIGHT STAND sont monnaie courante : le BITE-COIN (facile). Vous avez tous vu que les poses photos sont de plus en plus invitantes à la pulsion charnelle, les vidéos Tik tok pour inspirer encore plus de sexualisme aux usagers, les stories Snapchat, Instagram et autres pour montrer, démontrer… Quelle époque !!

L’infâme

Les femmes se sont laissées convaincre d’adopter ces postures lascives et envoûtantes au fil du temps, pour d’autre objectif que celui de combler les vices frustrés de ces mâles qui ne voyaient en elles que l’exutoire de leurs pulsions. Dans ces sociétés dominées par le masculin tout fut donc fait pour assouvir le plaisir de l’homme infâme en toute impunité. C’est en montrant du « nu de femme » que le capitalisme fait du chiffre. À l’école, au travail, dans la rue, nos mères, nos sœurs, nos filles ont été réduites à plaire et à se soumettre aux desiderata d’éjaculateurs effrénés, pour la survie d’un jeu d’attirance sexuelle dont les dés sont pipés.

Alors en réponse à cette exploitation de la femme, les scandales mus par un féminisme revanchard s’enchaînent de nos jours. L’on s’excuse partout d’avoir été des porcs, exprès ou pas; d’avoir osé insister un peu dans une drague appuyée même si en ces temps, cela ne gênait personne; on se contrit d’avoir osé une remarque ouvertement sexuelle (Bon dieu de beaux seins pour moi), même à des époques où personne ne s’en offusquait. Un regard un peu trop appuyé sur les rondeurs d’une femme, après avoir constamment regardé sur nos smartphones des dizaines de photos et de vidéos qui ne montrent que cela, on devient inconvenant, inconvenable, harceleur, trash. Chaque homme est devenu un potentiel accusé et à la moindre occasion sa vie et sa carrière sont piétinés par le tribunal sans lois de l’opinion publique.

Pourtant les publications licencieuses continuent, les défis sur les réseaux sociaux pour montrer le corps de la femme dans ses contours sexuels sont légion. La société se plaint d’un mal qui prolifère et rien n’est fait pour confiner ces actes, et permettre une éducation sociale plus respectueuse de la femme.

Crime et châtiments

Le crime de l’homme a toujours été de céder à son organe balançant de gauche à droite lequel, lorsqu’il s’active, a besoin de sang directement aspiré de son cerveau pour se tendre vers l’avant, pour ne se courber que lorsque l’objectif est atteint, emplissant alors son être entier d’ocytocine. Et lorsque l’objectif n’est pas atteint, cette tension se mue en adrénaline de stress et de frustration. Le crime de l’homme est d’être poussé vers ce désir de procréer, et mû par une production généreuse de millions de spermatozoïdes (100 à 200 millions par jour) il est prêt pour la bagatelle plusieurs fois par jour. À l’inverse, la femme produit un ovule par mois et ce n’est qu’à cette période le plus souvent qu’elle est portée vraiment sur la chose. Je dis vraiment parce que la femme a également besoin de plaisir non reproducteur et d’ocytocine. Nous aimons tous cette sensation de bonheur que procure l’orgasme.

Le châtiment de l’homme est de subir aujourd’hui la vindicte, pour avoir abusé des femmes tout au long de l’histoire et de l’avoir réduite à un rôle de complétion accessoire. Pour avoir construit et déconstruit la définition des sexes en fonction de calculs externes et courts, l’homme en paie le tribut. Pour s’être octroyés des rôles d’Alpha, de chef, et de sexe fort; pour s’être décorés des attributs de virilité et de performance en tous points, le voici face à la nécessaire répression de lui-même, en ces moments où pourtant, peu importe l’éducation domestique donnée par ses parents, l’éducation sociale le pousse au sexe permanent. Et bien-sûr personne ne dit mot. Restons #Charlie.

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