Sur les pas d’Adèle (8)

Le goût de l’alcool de la veille sur la langue au réveil, les yeux qui s’ouvrent difficilement parce que la tête donne l’impression d’avoir doublé de volume, les membres endoloris parce que mal couché, le sang n’a pas circulé partout, et les neurones qui s’activent en folie pour situer où vous êtes, ce que vous avez fait, si vous avez raté quelque chose ou pire fait une bêtise. Sortir votre esprit des vapes du sommeil lorsque votre corps s’éveille à la conscience.

À peine John a-t-il ouvert les yeux qu’il se rendit compte que le plafond qu’il regardait lui était inconnu. Aussitôt il sentit une jambe contre la sienne. L’adrénaline qui parcourut son corps entier à cet instant finit de complètement le réveiller, il sursauta. Le spectacle qu’il découvrit ensuite accéléra son pouls et les battements de son corps. Il sortit précipitamment du lit.

Deux corps de femmes baignant dans une immense flaque de sang qui avait trempé des draps d’un blanc cotonneux. L’une était au pied du lit les mains attachés dans le dos avec un foulard, l’autre dont le touchait auparavant avait les yeux bandés par un autre foulard. Il reconnut les filles du Club Sonia et Rita. Dans le cou de chacune, un trait rouge d’où sortaient des restes d’œsophages couleur brune de sang coagulé. John émit un cri étouffé. Son cœur qui battait plus que la chamade aspirait tout son souffle.

Qui a fait ça?

Où était-il?

Il tenta un autre cri. Mieux cette fois.

Des restes de préservatifs usagés trainaient sur le lit, preuves certaines d’une orgie. Dans le miroir au-dessus du lit il s’aperçut, horreur et stupéfaction. Il était nu. Pendouillait encore un préservatif au bout de son sexe. Mais qu’est-ce qu’il avait dans la main? Il écarquilla les yeux, se rendit compte qu’il tenait un couteau dont la lame gardait encore un tracé rouge qui n’était certainement pas de la gouache. Du sang.

Alors son cri devint strident.

Il lâcha le couteau et recula vivement et tomba sur le tapis au sol. Il se prit la tête dans les deux mains et cria de plus belle espérant se réveiller comme d’un horrible cauchemar. En s’entendant crier lui-même et se touchant, il se rendit à l’évidence qu’il était bien debout et que cette horrible scène était réelle. Ne devait-il pas retrouver Adèle?

Où était-elle?

Comment s’est-il retrouvé seul dans une chambre avec Sonia et Rita? Avait-il couché avec les deux?

Il ne s’en rappelait pas.

Il essaya de rassembler ses souvenirs mais ne put. Dans sa mémoire, il n’avait d’image que celle des corps sans vie des deux filles gisant dans le rouge et blanc du lit trempé de leur sang.

Qu’allait-il faire?

Les avait-il tuées?

Mais où était-il au juste?

Devait-il appeler la police?

Où a-t-il laissé son téléphone?

Levant la tête, il aperçut ses vêtements posés sur une chaise de l’autre côté du lit. Il fila dans la salle de bain pour se nettoyer, arracher de son corps toute forme de lien avec cette scène de crime.

Comment allait-il se sortir de cette histoire?

A suivre..

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