Sur les pas d’Adèle (9)

En se réveillant dans le divan du salon où elle s’était recroquevillée en rentrant de son tour de taxi, Adèle se souvint de John, première image à son esprit aussitôt qu’elle ouvrit les yeux. Elle avait pourtant tout fait pour le fuir, éviter de tomber dans son piège parfait d’une vie rangée sans stress, un mari aimant, riche, bel homme et élégant : le rêve de toutes ces filles dehors, dont elle ne voulait pas. Être aimé peut souvent ressembler à une prison, que beaucoup fuient pour se donner le sentiment du risque, l’adrénaline d’une vie où seule la douleur vous donne plus l’impression de vivre que le confort de quelqu’un qui tient à vous sincèrement. John était venu à sa recherche et elle a eu honte de l’avoir obligé à cela. Elle a préféré s’enfuir. Une fois de plus. Mais une douleur restait plus tenace. Voir ces filles aguichées au bras de John l’énervait encore plus que tout. Elle avait envie de les écorcher vives avec ses ongles. Elle était jalouse. Maladivement jalouse.

Lawrence dormait encore, épuisé de ses nuits consécutives sans sommeil. Elle entreprit de se faire un café pour se remettre les idées en place. Pourquoi ne pas retourner à Nice après que sa fugue se soit transformée en promenade nocturne dans les rues de Monaco?

En sortant de la douche après s’être gratté le corps pour se débarrasser de son dégoût de la scène horrible dans la chambre, John n’avait qu’une envie : Fuir. Sur la pointe des pieds il ramassa ses effets et sortit de la villa se rhabiller sur la terrasse surplombant une piscine à débordement en forme ovale. En démarrant la Porsche de location il tenta en vain de se remémorer comment il a conduit dans son état jusqu’ici. Comment-a-t-il pu oublier toute cette portion de la nuit? Et surtout comment ces meurtres ont eu lieu? Il appela l’avocate de la famille Maître Inès Deauville à qui il laissa un message sur son répondeur :

  • Bonjour Maître, je suis à Monaco, j’ai des problèmes vous devez venir s’il vous plaît.

Il se mit à rouler sans vraiment savoir où il allait. Il lui fallait s’éloigner loin de tout ce cauchemar. Il roulait sans vraiment prêter attention à la route, au code de la route, aux signalisations… pilote automatique activé. Dans sa tête il collait des morceaux de ses souvenirs encore réels, essayant toujours en vain de comprendre pourquoi il s’est réveillé là et avec les corps sans vie des demoiselles qui lui tenaient compagnie la veille au Shakin’s.

Le téléphone de Francis Gallet venait de sonner, un message d’un de ses indicateurs du commissariat de police, lui annonçant la découverte d’une scène de double homicide suite à l’appel d’une femme de ménage qui a découvert les corps en allant travailler. Il se leva, prit sa pipe et sortit de chez lui content d’avoir de quoi remplir ses colonnes. Encore un fait divers. Il va certainement croiser ces deux ploucs d’inspecteurs Clément Kitoglou et Aristide Alcagar : des cinglés de première.

A suivre…

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