Sur les pas d’Adèle (16)

  • Que me vaut le coup de fil de ma très chère Inès ce matin?

C’est avec cette question que Lydie Hogarth décrocha l’appel de son amie. Elles s’appelaient moins souvent ces derniers temps, la famille, les affaires etc. rien ne favorisait vraiment les longues conversations régulières comme celles qu’elles avaient du temps de la fac. Mais il y avait toujours cette chaleur de se parler et cette affection indélébile qu’elles avaient l’une pour l’autre.

  • « Comment vas-tu ma chérie? Je suis à Monaco j’ai besoin de toi » répondit Inès d’un ton grave qui alarma aussitôt son amie à l’autre bout du fil.
  • Je te retrouve où dis-moi? demanda aussitôt Lydie.
  • RDV sur le parking de l’hôtel Crillard dans 15 minutes stp.

En ramassant les clés de sa voiture et son sac, Maître Hogarth s’inquiéta fortement pour son amie. Mais il n’y avait plus de temps à perdre. Elle sera à l’hôtel dans dix minutes. Il est rare qu’Inès ait une voix aussi grave se dit-elle; la dernière fois c’était pour lui annoncer le décès de son mari. Que pouvait-il bien lui arriver? Et à Monaco de surcroît? En prenant l’ascenseur qui ouvrait directement dans son cabinet sans ne rien dire à personne, elle souffla un coup, puis décida de ne pas paniquer. Peu importe la situation de toutes les façons, elles trouveront une solution. Ensemble; comme au bon vieux temps.

La solidarité est fille de l’amitié, mais pas seulement. Se soutenir les uns et les autres sans rien attendre en retour est parfois une inflexion naturelle chez les gens qui sont naturellement généreux. En plus de l’amitié ou de toute forme d’affection, la solidarité en est renforcée, exaltée. Malheureusement de moins en moins de gens sont solidaires dans les temps actuels. L’individualisme a arraché les racines de la compassion au profit de la compétition. Le complexe du voisin gonflable dit-on au Québec : ce compétiteur pas loin, qui s’ignore parfois, qu’il faut nécessairement dépasser en tous points. La faute au capitalisme et à son moteur : la publicité. Rares sont les gens qui sont solidaires de nos jours, sauf lorsqu’il faut le feindre et s’en vanter ensuite sur les réseaux sociaux. On devrait éduquer davantage les gens au partage et à la compassion. Inès et Lydie s’étaient toujours soutenues, du premier jour en faculté de Droit jusqu’à ce jour. C’est donc sans hésiter et sans calculs, que Lydie partait retrouver son amie à l’hôtel Crillard.


Les inspecteurs Kitoglou et Alcagar avaient donné des consignes simples et précises à leurs collègues de la police scientifique : se concentrer sur les préservatifs et les prélèvements d’empreintes sur les corps pour rapidement trouver le suspect numéro un : celui qui avait eu des rapports intimes avec les victimes. Plus vite on va trouver son ADN, plus vite on le trouvera et l’affaire sera bouclée. Clément Kitoglou avait déjà son scénario et il en avait parlé à Aristide Alcagar son collègue, pendant qu’ils buvaient ensemble une bière à la pause.

  • Je suis sûr que c’est un riche malade qui a foutu ce bordel je te dis!
  • Pourquoi riche? Demanda Aristide.
  • Bah pour avoir accès à cette belle villa et avoir deux filles à la fois? Regardes par exemple comment tu es seul dans ta vie parce que t’es fauché comme un rat d’église, tu t’imagines faire la bamboche avec deux filles à la fois? déclara Clément en rigolant.
  • Mon célibat est un choix crétin, combien de fois dois-je te le dire? Rétorqua Aristide.

Il était exaspéré des moqueries de son collègue mais il le savait turbulent de nature et puis il l’aimait bien. On ne s’ennuyait jamais avec Clément, même si parfois il fallait supporter ses blagues sans fin.

De retour au commissariat, les identités du propriétaire de la villa ainsi que celles des deux victimes étaient sur leur bureau. Les filles travaillaient comme hôtesses au Shakin’s, un endroit qu’ils connaissaient bien. Mais ce qui intrigua davantage les enquêteurs, c’est que le nom du propriétaire de la villa était le même que celui du gérant : Lawrence Germanopoulos. Ils décidèrent aussitôt de tirer ça au clair.


Lorsqu’on sonna à l’appartement de Lawrence, il crut que c’était Tony qui, sorti de son sommeil enfin avait accouru. Depuis le temps qu’il l’appelait pour qu’ils aillent à la villa mettre un point final à son plan d’extorsion de fonds du richissime John Vitus. Il partit ouvrir.

  • Bonjour Monsieur Germanopoulos, je suis l’inspecteur Alcagar et voici mon collègue l’inspecteur Kitoglou. Nous avons quelques questions à vous poser.

À suivre.

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