Sur les pas d’Adèle (20)

Lorsque Florence sonnât à la porte de Lawrence  le cousin d’Adèle, elle ne s’attendait pas à voir celle-ci lui ouvrir, en tirant déjà une valise derrière elle. Le départ était imminent pour son amie. Elle a fui Nice pour Monaco et allait fuir à nouveau Monaco pour Nice. C’est courant chez nous les femmes se dit Florence, de refuser par obstination l’évidence, et de se mettre à aller et venir, repartir et revenir, pire s’enfoncer dans la bêtise. Les femmes sont difficiles à comprendre. Qui s’y risque perd ses plumes. Florence ne comptait pourtant pas laisser tomber son idée de réconcilier John et Adèle. Elle avait elle, cessé de chercher l’amour parce que justement à une certaine époque, par des caprices inutiles et récurrents, elle avait laissé échapper le seul homme qu’elle ait vraiment aimé : Éric Mercier. Les tentatives de retrouver la même fusion qu’elle avait connue avec Éric se sont soldées par des déceptions.

C’est alors qu’elle a décidé de ne plus accorder son cœur et son âme à qui que ce soit. Éric était parti s’installer au Sénégal et y vivait désormais avec sa femme et ses enfants. Florence avait abandonné l’idée de le reconquérir. Quand ils étaient ensemble, il y avait une sorte de magie qui les enveloppait. Tout devenait plus beau, elle plus belle, lui, magnifique. Le bonheur est vraiment la meilleure esthéticienne. Il embellit votre visage et votre corps. Quand votre âme est épanouie à la rencontre d’une autre âme qui lui donne la vibration qui lui correspond, tout se magnifie en vous, sur vous et autour de vous. À la différence de l’homme,  l’âme de la femme a une fréquence unique et lorsque cette fréquence est trouvée, tout s’illumine. Les caprices embrouillent les fréquences et génèrent des grésillements. Plus rien n’est pareil. Et quand la séparation d’une telle relation fusionnelle intervient, la beauté s’estompe, les boutons apparaissent, l’épanouissement s’éteint. Florence l’avait appris à ses dépens.

Souvent les femmes sont juste têtues et capricieuses par mimétisme ou cédant à de fausses idées. Elles ferment les yeux sur la vérité de certaines fusions et s’éloignent par choix de leur propre bonheur. Adèle avait eu la totale elle : la fusion, l’amour, le sexe et l’argent.  Comment a-t-elle pu décider de quitter John parce qu’elle trouvait la relation ennuyeuse. Pourquoi n’a-t-elle pas simplement épicé elle-même la relation? Florence avait résolu de lui parler fermement et de lui conseiller des astuces pour rebâtir leur relation avec de nouveaux ingrédients qui donneront du punch à leur vie. Il était hors de question qu’Adèle fasse la même erreur qu’elle.

  • « Ma puce j’ai envie de manger un truc en terrasse et profiter du soleil! Et si on allait au Pergola? J’adore cet endroit » lança Florence.
  • « Pourquoi pas je n’ai rien mangé encore! » Répondit Adèle.

La valise d’Adèle dans le coffre, l’adresse du Pergola entré dans le GPS, lunettes de soleil vissées sur le nez, voici les deux amies, cheveux au vent en route vers la baie de Monaco pour aller déjeuners.

Francis Gallet venait de mettre un point final à son premier article sur le double homicide du bord de mer. Le titre : SEXE DROGUE et MEURTRE à MONACO. Il y décrivait la scène découverte le matin en y mettant tout le sensationnel dont il avait l’habitude dans sa rubrique de faits divers. Ses lecteurs aimaient bien le suivre dans ses délires de Colombo qui contrastait très bien avec la poésie de son style d’écriture. Il écrit :

Deux jeunes femmes sont allées plus loin que le septième ciel. Elles se sont endormies en jouissant dans l’arcane de la mort dans les bras de celui qui les avait faites morflé et bavé des liquides suspects, dont du sang. Mourir égorgé, pour ces femmes qui avaient étanché leurs soifs avec du champagne la veille, c’était le comble. On s’attache à la luxure et un jour c’est elle qui vous attache les mains les chevilles et les yeux pour vous donner l’extase ultime. Celle dont on ne revient jamais. Certes sont-elles mortes dans une belle villa de la ville paradisiaque de Monaco, mais c’est en enfer qu’elles sont à présent, poussées par un diable qui est actuellement recherché par la Police…. Et moi-même. (…)

Il venait tout juste d’envoyer son texte par email à son rédacteur en chef lorsque le bip de son fax à la maison se fit entendre. En se tournant vers cet appareil d’un autre temps qu’il privilégie encore quelques fois pour sa discrétion, il reconnut l’entête de la police scientifique et comprit que c’était le résultat de l’analyse du mégot de cigare qu’il avait demandé discrètement à son contact de la PS qui rentrait. La police ayant investi entièrement les lieux du crime, il n’empiétait pas sur leur périmètre en faisant analyser ce bout de cigare cubain même si cela faisait toujours partie de la zone des homicides. Il voulait suivre cette piste tout seul et si jamais elle était crédible, avoir une longueur d’avance sur la police. Il récupéra son document et en prit connaissance. L’ADN sur le cigare appartenait à un certain Jean-Pierre Capeau domicilié à Paris. Une mention manuscrite était en bas de la feuille et on pouvait y lire : « La police a un suspect qui est passé aux aveux, une analyse toxicologique est en cours et son identité tenue secrète pour l’instant. Il y avait une voiture sur les bandes de vidéosurveillance récupérées : HR 05632549-CG, c’est une voiture de location de chez HERTZ. Vérifie cela si tu veux. @+ »

À suivre.

4 réflexions sur “Sur les pas d’Adèle (20)

  1. camilletg dit :

    « Souvent les femmes sont juste têtues et capricieuses par mimétisme ou cédant à de fausses idées. » 🥳🥵😴…. N’est-ce pas ce qui rend les hommes fous, comme le désert? # Paulo Coelho, L’Alchimiste

  2. camilletg dit :

    Notamment celles qui sont dans un « féminisme bas de gamme »…. 😡🏃🏿‍♂️🏃🏿‍♂️🏃🏿‍♂️

  3. Simone dit :

    Le terme « caprice » est par essence subjectif. Ce qui est considéré comme un caprice par une personne pourrait tout simplement être de l’affirmation de soi pour une autre…

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