Eyadema est il mort?

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Eyadema n’est pas mort.

Saurait-on mourir en vérité lorsque toute sa vie fut dessinée par des fables et légendes, aussi fantasques les unes que les autres ? Les grands hommes laissent toujours une empreinte dans le temps, en bien ou en mal. Il se raconte encore aujourd’hui, onze ans après sa mort, des histoires faramineuses sur Eyadema, devenu pour les raisons de l’enrôlement militaire « Etienne Eyadema », et pour de funestes raisons grimées d’un voile de quête d’authenticité « Eyadema Gnassingbé ».

Il n’est pas mort. On dit même que sa dépouille est maintenue en vie, momifiée, pour les mêmes raisons funestes qui ont déterminé le choix du patronyme « GNASSINGBE », lequel selon diverses sources signifie en Kabyè (langue de l’ethnie d’EYADEMA) : « on vous domine », « on règne sur vous » etc…


La fable est belle. Et peut-être sérieuse. Si l’histoire qui se raconte sur Eyadema et qui parle d’un nouveau-né découvert en brousse, dont la mère venait de mourir en couches, et qui recueilli, connaîtra de rocambolesques péripéties au point d’en arriver à être le maître incontesté de tout un pays pendant 38 ans , en effet oui, Eyadema ne saurait mourir. Il a échappé à la mort dès sa naissance. Le Chef de son village qui refusa de le faire mourir malgré les injonctions de tout le village le fit une seconde fois échapper à la mort. Enfant terrible, tout le monde s’écartait de lui dès qu’il approchait; et les exactions dites commises par lui dans sa jeunesse, peuvent sembler sortir d’un « manga ». Mais cela lui valut le nom « EYADEMA » qui en Kabyè signifie : « les gens sont finis (partis) ». Plus tard il fut envoyé à la guerre, baptisé « Etienne », avec l’espoir que jamais il ne revint. Une fois de plus il échappa à sa mort programmée.

Il retournera dans son village avec son moulin, payé de sa solde, et s’installera à son compte.


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Mais l’histoire finira une fois de plus par le rattraper. Appelé pour participer à un coup d’Etat et un assassinat politique en 1963, il finit par déjouer tous ses concurrents pour finir lui-même au perchoir quatre ans plus tard. Avril 1967.

C’est donc ainsi que commença pour Eyadema et le Togo, une longue histoire commune, douloureuse sans doute, qui durera 38 ans. Une histoire d’amour ? Aux débuts en effet, tout semblait parfait, les populations adoubaient et accueillaient chaleureusement cet OVNI politique qui, décomplexé, allait à la rencontre des gens et gouvernait en même temps d’une main de fer, intransigeante et terrifiante. La théâtralisation de son règne atteignit son paroxysme, lorsqu’après le crash de son avion à SARAKAWA, il fut dit « seul rescapé » d’un attentat et qu’il fit un retour triomphal jusqu’à Lomé, s’arrêtant à chaque ville, afin que les populations puissent voir et acclamer le miraculé.


D’ailleurs question : Pourquoi continue-t-on à rassembler les gens, tous habillés de blanc autour de SARAKAWA le 24 Janvier chaque année ? Mystère !

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Tout le règne d’Eyadema fut ainsi écrit d’histoires mystiques et secrètes, racontées sous le manteau, essaimées çà et là afin qu’à l’indication seule de son nom, crainte et respect soient de mise. Lui-même enchainait les histoires mystérieuses en donnant à son entourage de quoi fantasmer. Entre la possession d’un baobab et d’un lion fétiches, une maman sortie de nulle part qui fut vénérée en son temps, comme la mère du messie, des attentats manqués, des histoires fantastiques sur ses enfants et leurs supposés pouvoirs hérités de leur père, des accidents horribles dont ils sortent indemnes, du fait qu’il se raconte même qu’entre ses pairs présidents, sa force mystique était de notoriété publique, le bal du mystère EYADEMA est long. Très long.

Et le Togo reste empreint du passage de cet homme, chef d’Etat de 1967 à 2005.


Mais voilà, il fut déclaré mort le 05 Février 2005, lors de son évacuation pour un traitement médical, dans une baignoire remplie d’eau chaude selon les fables. Tous comptes faits il n’est plus de ce monde, et son retour à la vie serait sans doute le must du retour triomphal.

Les mystiques aussi grands soient-ils, finissent par mourir ; du moins physiquement. C’est de continuer à en parler, que les historiens en confirment le passage et l’impact, qui fait de ces gens des éternels vivants.

Eyadema n’est pas mort, et pourtant on a bel et bien fait ses obsèques et rendu les hommages mérités. Et pourtant son fils est devenu président à sa place et règne depuis 2005. Et pourtant la guerre de succession après lui a écarté pas mal de gens dont certains ont été faits prisonniers. Eyadema n’est pas mort, et pourtant plus personne ne fête le 13 janvier et le 23 Septembre, fêtes militaires où il aimait parader avec ses frères d’armes.

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Eyadema n’est pas mort, et ce n’est pas parce que son fils perpétue en sorte son règne, il n’est pas mort pour la seule et unique raison qu’il demeure dans nos esprits, et qu’il existe même des passéistes qui continuent de le regretter et de vivre comme en son temps, jouissant de privilèges intouchables.

Eyadema n’est pas mort parce que l’histoire du Togo ne se fera jamais, sans lui.


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Il demeure encore, parce que plane toujours sur nos têtes cette ombre, qui nous domine et nous empêche de changer d’époque. Il est vrai, j’ai des fois envie de croire que c’est ce vocable incantatoire qui asservit notre pays et nous empêche de lever la tête. J’ai de sérieux doutes sur l’innocence de cette phrase comme nom de famille. « On vous domine », « on règne sur vous » : GNASSINGBE. Si tant il est vrai que ce monsieur était un mystique avéré, friand de pouvoirs occultes, il ne peut avoir pris ce nom de famille par hasard, juste par souci d’authenticité ou d’esthétique subit. Mais alors, toute la fable s’emballe à nouveau et nous nous enfermerons dans des atermoiements improductifs qui ne détermineront pas de sortie de crise pour notre pays.

La volonté de son fils Faure de faire un président différent et moderne ne souffre d’aucun doute, il n’a d’ailleurs pas le choix. A ce niveau de pouvoir il est difficile d’exercer sous l’ombre de quelqu’un, encore moins de quelqu’un déclaré mort. Mais alors comment explique-t-on cette léthargie qui plombe l’action de l’Etat et ces compromissions régulières dont on se départit aussi difficilement ? le mot dynamisme n’est pas vraiment à l’ordre du jour de l’action du gouvernement, tout semble lent et lourd. Des hégémonies se créent dans les différents secteurs, du seul fait d’individus qui semblent plus portés sur leurs intérêts personnels, que sur le sens de la responsabilité et du service à la Nation.

Eyadema n’est pas mort, parce que normalement ce genre de comportement ne devrait continuer à avoir cours. Et pourtant ce n’est pas l’envie de faire bouger les lignes qui manquent à Faure. Mais le système est coriace. Eyadema, c’est un système. Et généralement on ne démonte pas un système en en changeant juste le couvercle. C’est en véritable tête robot autonome que Faure doit agir en démontant les pièces défectueuses l’une après l’autre. Et c’est bien ce qu’il fait. La liste est longue. Il lui faut être juste vigilant sur les pièces de rechange qu’il installe. Certaines sont défectueuses, avec un emballage moderne. C’est à n’y voir que du feu.


Finissons là, en disant qu’Eyadema était sans doute « une histoire de destin », que la mort peut emporter son corps, son histoire ne saurait quitter l’éternité. Qu’on l’aime ou pas, son impact sur l’histoire de notre pays est indiscutable. Les gens décident peu de leur parcours, des choix qu’ils font, des rencontres et des opportunités formidables sur le chemin de leurs vies. Eyadéma, à en croire l’histoire de sa vie, vraie ou fausse, a connu une existence exceptionnelle. Peut-être même à force, se croyait-il immortel? Il a fini par laisser la place, comme n’importe quel quidam, comme pour rappeler à tous que nul n’est éternel, que tout aussi bien que tout le monde, finit par trépasser.

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Les histoires mystérieuses continueront à germer sur la naissance, la vie et la mort d’Eyadema, pour le simple fait qu’il a marqué son passage. Que devrions nous retenir de lui et transmettre à nos enfants ? les fables ou la vérité ? Où se situe la limite réelle entre invention et réalité dans l’histoire de ce monsieur ? On peut décider de s’enrichir de son passage, en retenir les meilleurs aspects et avancer, autant que pour ses prédécesseurs et successeur, ou sinon continuer à tout décrire en noir et rester là à parler d’un homme qui est de toutes les façons définitivement mort, rassasié de jours et d’accomplissements.


Enfin, à moins qu’il resurgisse un beau matin en mode Retour Triomphal une fois de plus?

Repose en Paix Mandja! Pars et ne reviens pas!

😉

N’est-il pas temps de changer?

Je voudrais être assis sur une plage, une longue chaise et un cocktail, seul devant la nuit qui tombe, un soleil rouge qui finit sa course à l’occident. Ne plus penser à tous mes tourments, sentir les vagues venir à intervalles réguliers caresser mes pieds, et faire le vide dans ma tête. Pour une fois.

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Je pense souvent à cette image, avec un drôle de sentiment de devoir aller à la retraite. M’éloigner de ces tensions quotidiennes qui font le lit de mes journées et souffler, oublier, changer.

Mais ce n’est qu’un rêve. Oui je sais bien que cette image idyllique est un rêve. Le seul endroit où je suis allongé c’est dans un lit, affalé dans ma vie comme dans un canapé, avec l’ennui qui me murmure plein de choses inimaginables à l’oreille.

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C’est peut-être ça l’âge adulte. Et l’âge adulte dans un pays à l’indépendance bancale, où les efforts finissent toujours par ne pas payer. C’est l’Afrique. Celle qui appartient à l’Europe. Celle où les dirigeants ont beau se démener, ils finissent corrompus, corrupteurs et mal aimés ; celle où les acteurs politiques finissent à l’évidence par se rendre compte de leurs incapacités, et se résignent à se laisser corrompre, à corrompre et à décevoir. #ChefDeFile 

Lorsque l’indépendance est autant de façade, que la souveraineté est un mot pieux qui fait joli sur les duplicatas des constitutions européennes qui nous servent de loi fondamentale, il est en effet difficile de gouverner et de bien gouverner. Pire, il devient impossible de gouverner dès lors que l’on décide de s’attaquer à la main noire qui nous retient captifs. #Gbagbo. Le drame en plus de notre situation, est de se rendre compte qu’en réalité tout tourne autour de la politique, que notre vie sociale, commune,… est mue constamment par des défis politiques, qui ne sont en réalité que des leurres qui nous éloignent des vraies priorités : une véritable indépendance et le bien-être pour tous.

Il apparaît même aberrant pour la plupart de nous, d’entendre ces discours vindicatifs anti-colons et réclamant la liberté réelle de l’Afrique. La faute à qui ? La faute à l’histoire et à l’abandon de nos personnalités propres, éduqués, que dis-je ? moulés que nous sommes dans un mélimélo de cultures importées et de mensonges sur nos vraies cultures. Nous sommes formatés à n’avoir de perspective en toutes circonstances, que celle de l’occident. Dans nos ADN il est écrit désormais que la modernité c’est eux, la vérité c’est eux et nous nous devons faire comme eux, et tout faire pour arriver à être comme eux en toutes situations. Tout ce qui est « nous » est faux et est du diable. Nos coutumes, nos traditions, nos peaux noires…


Aujourd’hui je suis las de croire que l’homme africain peut arriver à voir le bout du tunnel. Ce tunnel est depuis notre réalité. Nous ne croyons plus rien de notre passé. Nos pays sont des dessins décidés par l’occident. On s’y plait. L’histoire du Togo commence un 5 Juillet 1884 : le jour où un explorateur allemand, Gustav NACHTIGAL, vint signer un traité de « PROTECTORAT » avec le chef d’un village non loin de la côte. Avions-nous lancé une bouteille à la mer disant « Au secours, venez nous protéger » ? Et ceci est pareil pour la plupart de nos pays africains.

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Depuis toutes ces années nous avons tout abandonné de nos traditions, de notre histoire, pour nous abreuver de la version française (européenne) et tout orienter sur la France (l’Europe). Mais oui, l’Afrique appartient à l’Europe. Cela est une vérité indiscutable, il nous faut nous débarrasser de ce lien ombilical, qui ne saurait même être déguisé en partenariat soit dit gagnant-gagnant. La Parenthèse Zinsou c’est de l’affirmer en s’en amusant et venir après, de façon flagrante l’assumer, en prétendant à la magistrature suprême du Bénin.

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Tous comptes faits, cela reste une vérité. Notre affranchissement de la métropole ne se fera pas de façon aisée. Nos classes dirigeantes ont tellement d’intérêts en jeu, et même cette métropole a trop à perdre pour que cela soit facile. Lorsque des gouvernants félicitent et récompensent des frères ayant émergé en occident, croyez-moi le message est clair surtout quand des méritants sur place ont des traitements diamétralement opposés… Lorsque des gens de la diaspora sont préférés aux locaux dans tous les domaines, lorsque des entreprises locales qui paient les impôts sont exclues des contrats intéressants au profit d’entreprises souvent fumeuses, venues de l’étranger, la reconquête de notre indépendance est vouée aux échecs avant même d’avoir commencé. Nous pourrions en parler pendant des heures, encore et encore, les exemples sont légion.

L’acculturation de l’Afrique est le vrai drame de notre continent. Les prismes dans lesquels nous envisageons toutes nos solutions à nos problèmes sont tronqués. Pire c’est l’Europe qui, au mépris de tout bon sens commun, oriente ces prismes pour continuer à faire de l’Afrique, non seulement un grenier de ressources, mais en plus, un exutoire de tous leurs superflus.


Je regarde désormais l’avenir avec crainte. Le mien et celui de mes enfants – plaise à Dieu de faire en sorte que d’ici peu on trouve des solutions – l’avenir du continent. On peut croire que l’information et la communication réalistes peuvent aider les gouvernements qui font face à de vrais défis sociaux. Mais attention, dans certains cercles on ne refuse pas le formatage.  Ou vous faites partie du système, ou vous en êtes loin. Beaucoup finissent par s’y résoudre, et au diable les bonnes intentions. Avec toutes les sollicitations qu’il y a, tous ces gens qui de toutes façons vous en voudront, pourquoi ne pas tirer son épingle du jeu ? Pour ma part, cette vie c’est un jeu, où toutes les épingles sont ensemble, à tenter de creuser jusqu’à trouver l’issue utile à tous. Nous ne vivons pas ensemble pour que juste certains s’en tirent au détriment d’autres. Cela n’est pas ma conviction.

Je crois toujours qu’il faut un vrai grand réveil et je ferai de mon mieux pour en parler et l’appeler de mes vœux. Ce que je fais ici. La lutte est complexe. Les détracteurs nombreux. Mais la réalité est la même pour nous tous. Tant que nous ne sommes pas capables réellement et définitivement, de nous isoler et vivre loin des gens, nous sommes condamnés à agir ensemble pour le bien de nous tous.

Il y a encore de rares personnes pour lesquelles l’accomplissement personnel n’est pas tout, mais pour qui l’accomplissement de tous est un devoir.

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Je voudrais être assis sur une plage, un cocktail et un chaise longue, une nuit de pleine lune, dont le reflet fait scintiller la mer, et ces vagues dans leur mouvement interminable, comme pour dire, que quel que soit la force et la persévérance qu’on y met on finit toujours par échouer sur le sable. Les indépendances fantoches, vieilles de plus de cinquante ans n’ont donné aucune autonomie, sinon celle de se partager des richesses entre élites pendant que la majorité des gens croupit dans la misère.

Mais vais-je finir cet article sur une note défaitiste? penser que nous ne sommes pas encore prêts et que chacun doit se battre pour ses objectifs personnels d’abord? NON! je préfère vous laisser sur cette pensée de Nicolas Machiavel:quote-le-temps-n-attend-pas-la-bonte-est-impuissante-la-fortune-inconstante-et-la-mechancete-nicolas-machiavel-145902

Merci. Heureux d’être de retour ici!

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1- « Absit reverentia vero » : ne craignons pas de dire la vérité (locution latine)

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Une pierre sacrée a été sacrifiée à l’autel des intérêts égoïstes de responsables tribaux et religieux qui n’ont pour le poids de l’histoire et de la tradition qu’une piètre et insignifiante considération.

Cette pierre prenait ses couleurs dans l’eau sacrée, choix des divinités du peuple, selon un rituel consacré, immuable et inchangé depuis quatre siecles. Cette année il fut comme décidé, de moderniser le Rite en y apportant des modifications importantes, dénaturant ce qui depuis la nuit des temps, fédère des générations et des générations de Guins.

Une pierre sacrée a été sacrifiée et le ridicule de la scène est une atteinte à l’intelligence commune, et la bêtise atteignit des sommets, à ce vaudeville sans nom, le niveau exécrable des initiateurs ayant surtout été de croire que personne ne se rendrait compte de la supercherie.

De croire que la conception occidentale de Dieu, venue bien après cette tradition, prime tant sur ce rituel de la pierre sacrée, que cela excuse cette mise en scène risible est aussi à prendre avec délicatesse. Quand il a fallu des guerres du colonialisme pour asseoir l’Église sur nos côtes, cette tradition déterminante auparavant, fut le fruit d’une appropriation délibérée des populations. Cette pierre et la cérémonie qui l’accompagne sont toutes aussi symboliques et donc porteuses de foi et de force, comme c’est le cas dans toutes les croyances.

Peindre l’opprobre sur toute une histoire, tout un peuple et de nombreuses générations, et par le choix suspect de la couleur sur un parti politique, c’est bien ce qu’ont fait les peintres de la pierre sacrée des Guins et ceux qui l’ont présentée comme étant le choix des dieux. Ils pensaient faire plaisir au parti ils n’ont fait que l’offrir à la vindicte populaire et entacher son aura, empêchant ainsi d’éventuels votes. Parce que ceux contre qui cette mascarade a été orchestrée n’oublieront pas cette offense et n’hésiteront pas à se venger au moment venu.

Les hommes ont toujours pris très à coeur ce qui touche à leur foi, à leurs croyances. Ils sont prêts à mourir pour cela parce que c’est là qu’ils mettent le sens de leurs vies. Mais autant d’hommes de par l’histoire ont toujours à un moment donné exploité le divin pour servir des intérêts humains et pas des plus nobles. Des mensonges répétés sont devenus des vérités. Des omissions sont devenues informations, des erreurs, des intentions.

Si 2015 est un mensonge éhonté, notre rôle à nous est de tout faire pour que cela reste un acte isolé, pour la préservation de nos vraies valeurs, afin qu’elles ne se salissent pas dans la répétition de ce ridicule théâtre à ciel ouvert. Plus jamais ça.

Si en réalité il y a une porte au pays Guin, boutons dehors ces contrevenants à notre légendaire prestige et à notre héritage. Fermons la porte aux manipulateurs sans scrupules qui méditent et font le mal à nos communautés, fussent – ils fils et filles de chez nous. A ce faire, méritent – ils encore de se tenir sous nos bannières? En d’autres temps et d’autres cieux, ils pendraient en dehors de la ville, esseulés au bout de leurs cordes pour dissuader quiconque envisagerait pareille haute trahison.

Mais nous avons choisi la paix. Qu’elle calme nos ardeurs et déserte la vie de ces malheureux afin qu’ils croulent eux – mêmes sous le poids de la honte et du regret.

Une pierre sacrée a été sacrifiée à l’autel des intérêts égoïstes de responsables tribaux et religieux qui n’ont pour le poids de l’histoire et de la tradition qu’une piètre et insignifiante considération.

A notre, tour, en dignes fils et filles du milieu nous les prions de recevoir de notre part pareille piètre et insignifiante considération.

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La destinée

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La destinée est quelque chose de mobile.

Elle est vie.

Elle est toutes sortes de mouvements que l’être humain, pensant et réfléchi, effectue dans sa quête de sens et dans sa course effrénée, vers les réponses à ses questions.

Nous ne sommes pas tous forgés de la même façon ; qu’importe si nos matières semblent tant les mêmes.

L’impact de nos environnements et les différences d’interprétations que suscitent nos émotions, définissent notre façon d’orienter nos mouvements.

Ce qui nous guide est donc au fond de nous, tapi dans les méandres de nos ressentiments et les leçons et notions acquises au fil du temps, par l’éducation, la compagnie, l’espace et le temps.

Nos destinées s’écrivent donc au jour le jour, au cours des périples quotidiens, où se mélangent réflexions et passions, rages et entourages.

Nos destinées sont assujetties au sol, où nous sommes nés, où nous posons le pied chaque jour ; elles sont soumises aux vents, qui soufflent de toutes parts et nous bousculent, qui soufflent sur nous et au fond de nous.

Nous ne sommes pour ainsi dire maîtres de rien, et surtout pas de nos destinées. Celles-ci ne s’inventent ni ne s’écrivent d’avance. Elles sont sommes de chaque jour passé dans cette vie, puis nous échappent totalement le jour où nous franchissons le seuil de la mort, sans forcément s’arrêter.

A donc chercher à contrôler nos destinées n’est rien d’autre que chimères, poursuites du vent, tentatives vaines à capter l’insaisissable.

Mais alors, comment déterminer soi-même l’orientation de sa vie ?

Ceci n’est encore que poursuite du vent.

Nul ne peut déterminer soi-même l’orientation de sa vie si ce n’est choisir de se perdre.

Nos vies sont intelligences qui ne peuvent se réaliser dans la vérité, que lorsqu’elles sont connectées à l’intelligence cosmique.

C’est donc là la seule quête qui vaille la peine et qui ne nous égare pas. Mais cette quête est attente, soumission et résignation.

Elle semble passive mais elle est mouvement au fond de nous.

Elle est énergie et action, calme et fusion.

Nous ne choisissons rien souvent, si ce n’est de se perdre.

Le paradoxe de la vie est qu’elle s’ouvre à nous comme s’il nous fallait nous battre pour elle.

Pourtant la meilleure façon de vivre est de nous ouvrir à la vie et nous laisser choir dans ses bras sans ne chercher qu’à la comprendre et jamais s’égarer à la contrôler.

Si Dieu existe, il faut le trouver. Le trouver pour l’écouter. Le trouver pour le servir. C’est lui l’intelligence cosmique. C’est lui l’intelligence de nos vies.

L’intelligence cosmique c’est la racine de la plante. Nos vies, les feuilles sur la plante. Celles-ci ne peuvent subsister sans être connectées et nourries par la racine.

Nous courrons pour décider sur nos vies, comme si les feuilles se nourrissaient directement de l’eau de pluie.

Or c’est la racine qui donne à suffisance, ce de quoi la feuille a besoin pour vivre, cette eau de pluie qui entre par le sol et pénètre l’arbre par la racine.

C’est donc en cherchant Dieu au fond de nous, telle la racine enfouie dans le sol que nous trouvons l’origine de nos vies.

Parler de destinée, c’est prévoir le lendemain. Or nul n’a connaissance du jour qui vient, comment il sera, ce qu’on y fera, si on n’y subsistera.

Faisons une rétrospective et voyons combien nos parcours s’imbriquent si bien tel un puzzle pour justifier notre présent. Nos actes, nos erreurs, nos réussites, font la somme de notre présent.

C’est donc chaque jour qu’il faut gérer et non prévoir le lendemain. Nos destins sont des projections inutiles qui nous éloignent de l’essentiel : le jour présent.

La prière essénienne « le Notre Père » dit : « donne-nous aujourd’hui, notre pain de ce jour, pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Ne nous soumets pas à la tentation mais délivre-nous de tout mal. »

La foi, la vraie foi, est celle qui fait cette prière et exécute ce qui y est dit. Elle considère sans faux-fuyant qu’à chaque jour suffit sa peine, et n’y ajoute aucune peine de lendemains incertains.

Le secret du jour qui vient est connu de Dieu seul. Et écouter Dieu et obéir à Dieu est la seule garantie qui nous éloigne les tourments. Et là je parle des vrais tourments de la vie et non ceux induits par nos vaines convoitises.

Obéir à Dieu est sans aucun doute respecter la vie ; la vie en toutes ces choses qui se meuvent sur la surface de la terre, et dont nous avons la responsabilité. Genèse…

Notre Père qui est aux cieux, Dieu du Ciel et de la Terre, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne et que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Amen.

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La Bougie – Les ennemis

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C’est tout à fait pareil, de regarder une bougie brûler et fondre sans bruits, que de vivre dans le silence méditatif. Nous diffusons ainsi la lumière à ceux dans l’obscurité, en nous épuisant jusqu’à une disparition inévitable. La cire de nos restes, pourra sans doute servir à une autre vie de lumière, mais cela nécessitera un processus de transformation qui requiert une action ultérieure et extérieure. Celle, d’un être immanent certainement.

La leçon de la bougie nous interpelle et nous convie à vivre une tranquillité utile. Elle nous enseigne que les grandes flammes éclairent plus, mais s’éteignent tout aussi rapidement. Rien ne vaut un processus lent et sûr. Dans son doux périple, la flamme de la bougie trouve elle-même l’élément de son énergie. Elle fait fondre la cire elle-même pour en tirer la substance de sa combustion. La mèche qui la porte reste droite en toutes circonstances, même si elle meurt par le bout.

Il n’y a indubitablement pas de lumière sans mort évidente, qu’elle soit lente ou rapide.

Ces trois éléments, cire, mèche et flamme, s’imbriquent ensemble pour offrir leur bienfait commun. Dans la lumière créée de leur unité, tout vient à la vie, toutes choses alentour existent désormais, parce que sorties de l’obscurité qui les enveloppait. Dans ce travail commun, la cire, la mèche et la flamme, s’entendent parfaitement pour agir ensemble, et il en est ainsi du corps de l’esprit et de l’âme.

Le Corps, l’esprit et l’âme doivent en effet fonctionner en harmonie pour faire vivre la lumière et la propager. Le corps est la cire, la matière combustible, qui porte en elle l’énergie. L’esprit est la mèche et l’âme la flamme. C’est à la force de l’esprit que nous devons le rayonnement de l’âme. C’est l’esprit qui porte l’âme et la nourrit des efforts qu’il fait sur la chair.
Tout comme la bougie, la cire n’est que matière, la mèche elle porte la flamme et c’est cette dernière qui est lumière et qui se répand.

Dans la complexité de notre être, c’est de la qualité de notre âme que se détermine notre vie. Et nous n’avons d’âme de qualité que par l’exercice de l’esprit sur le corps. Il faut ainsi vaincre celui-ci pour faire s’élever l’âme.
A la fin, quand une bougie a fini de donner sa lumière, il ne reste que la matière, la cire, dans une forme moins harmonieuse, destinée d’ailleurs à être jetée. L’esprit c’est à dire la mèche, a disparu et la flamme s’en va dans un filet de fumée qui se dissout dans l’air et prend corps avec.

Il en est de même de nous, à la fin de notre vie, notre corps pourrit, dans une forme moins harmonieuse, notre esprit disparaît, et notre âme s’évapore et s’intègre dans l’univers cosmique.
Il nous faut alors déterminer si nous mettons assez ensemble, dans un fonctionnement logique, notre corps notre esprit et notre âme, afin de donner la lumière autour de nous.
Il nous faut aussi savoir que pour donner de la lumière, il nous faut être illuminé. Pour être illuminé il faut valoriser le potentiel en nous. Ce potentiel c’est notre esprit que nous devons rendre capable de s’activer, afin de déclencher la flamme de l’âme pour la nourrir toute notre vie durant, des efforts sur la chair.

Prenons exemple sur la bougie et partageons la lumière.

C’est ainsi, en effet, que nous pourrions espérer un jour, à la fin de notre combustion ici-bas, nous élever telle la fumée d’une flamme qui s’éteint, et nous disperser dans l’air et la vie, avec le réel sentiment d’une mission accomplie.

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Nous croyons que nos ennemis triomphent toujours mais en réalité ils ne gagnent que dans leur propre méchanceté et cela les perdra forcément. Dans leur soif de pouvoir et de nuisance, leur délire d’injustice, ils s’engouffrent fatalement dans une voie sans issue et les voici piégés. Restons sereins quand le méchant persiste dans ses voies, sa punition n’en est que plus inévitable. Un jour ils en auront pour leurs méfaits. Tel pensant vous faire du tort en nuisant à votre carrière ou à vos intérêts il finira par le payer d’une manière ou d’une autre c’est sûr. La nature en elle même, porte un système d’auto – régulation qui fonctionne à merveille. Ceux qui mangent finissent par être mangés. « Si l’amour était parsemé partout, cela donnerait une foule de biens » disait St Jean Chrysostome, hélas les méchants eux, sèment la haine. A nous de leur répondre par l’amour. Aimer ses ennemis n’est pas une faiblesse. Laissons la nature elle – même les punir comme il se doit. Il y a un dessein plus grand à aimer ceux qui nous veulent du mal et à observer le silence devant l’injustice quelle qu’elle soit. A regarder de près les motivations des méchants ne sont autres que Jalousie Envie et Convoitise Ils veulent gagner ce monde coûte que coûte. A quoi nous sert – il de gagner cette vie si nous perdons celle d’après? Laquelle diront – ils? Je réponds la vie du repos et de la paix. A quoi sert – il de tordre le cou aux gens et de manipuler les circonstances pour amasser des biens périssables qui se démodent si vite? Une vie sans respect de la vie d’autrui est mort certaine. Ils sont nombreux à vouloir détruire leurs prochains mais leurs gains se dissipent si vite et ne leur procurent en réalité que tourments. Si le but de la vie n’est pas de favoriser la vie sous ses differents aspects et constament construire la paix, quel est – il? Les jours viennent pour nous, où nous devons choisir entre le bien et le mal. Les raisons du bien sont complexes et celles du mal si simples. Le bien appelle au sacrifice, le bien nous exige de nous vaincre nous-mêmes, le bien demande à regarder plus loin que l’immédiat. Le mal s’assouvit immédiatement et ses effets nous paraissent aisés, chics et utiles. Mais ce n’est que duperie. Le mal est trompeur. Les injustes nous font du tort parce qu’ils sont séduits par le mal et ses gains immédiats. Silence. Ils comprendront à leurs dépens.

Textes issus de réflexions du Lundi 13 Juillet 2015. Bon Partage

Pensées rapides

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Soupir: 😦
J’ai beau désespérer je suis obligé de tenir.
Dans le mouvement perfide de ces temps où la médiocrité et les écarts de comportement se disputent les esprits humains, il m’arrive de croire qu’un changement reste possible malgré tout.
Il m’arrive surtout de penser que pour avoir touché le fond il ne nous reste inexorablement qu’à remonter. Mais c’est sans compter avec ceux qui espèrent encore creuser et nous pousser tous ensemble dans un magma brûlant. Oui, ils sont plus nombreux à nous tirer vers le bas et très peu à nous élever.
Dans ce siècle où visiblement les pécheurs et les médiocres sont plus nombreux, vous avez plus de chance de vous faire aimer en vous comportant mal, qu’en cherchant à vous sortir des méandres calamiteuses de la vermine et du péché. La logique de la vertu s’est effondrée sous le poids de la logique du péché. Les errements enchantent plus que la marche rectiligne. La soif de posséder et de se complaire dans la vacuité des approbations éphémères est telle, que l’eau plate que distille la transcendance est d’un goût amer pour la plupart. Les médias promeuvent la bêtise, habillée de voile libertaire, et les fondements de la tradition et de l’éducation sont brisés. Dès lors, la stabilité de nos familles, de nos enfants et de nos vies est ébranlée, au point de ne donner répit à personne.
C’est dans ce tumulte orageux, que nous devons sans cesse nous battre ou surtout nous résigner et nous y complaire; de crainte d’attirer sur nous, les foudres populistes des censeurs qui, se croyant bienséants, s’activent toujours plus vite pour faire descendre sur les malappris bien-pensants, l’avalanche d’insultes et de quolibets qui sont le nid de leurs pensées.
Nous vivons dans un monde terrible où même « Dieu » n’a plus son sens, sinon celui biaisé de nombre de soi-disant érudits qui vendent des chimères à tout va. « Dieu », l’unique, qui parle à nos cœurs, semble lui aussi crier dans un désert envahi de cactus d’immoralité et de légèreté, jonché d’immondices de desseins éphémères.
Nous courons vers les satisfactions immédiates, les cris d’alarmes ne nous font guère réfléchir. Nous sommes aveuglés par la consommation immédiate de nos désirs, sachant bien qu’aussitôt assouvis, ces désirs nous en deviennent inutiles, voire regrettables.
Jusqu’à quand devrions-nous nous enfoncer dans les bois obscurs et sombres de la la vilenie, infestés d’égarement et de perdition? Jusqu’à quand?
Les cœurs des justes s’émeuvent et soupirent, s’attristent et sanglotent, quand autour d’eux ils doivent regarder les leurs courir vers les enfers pavés oh Dieu de bons sentiments. Aux justes il faut le courage de résister aux tentations du monde, et la force de garder vivante en eux, la lumière du bon sens et de la justice, de l’amour et de la paix. Aux justes, il leur faut être solidaires pour impacter leurs environnements et, intervient un autre combat, celui contre l’orgueil. C’est là en effet que les bénéfices de la privation sont d’un grand secours. Lorsque vous avez réussi à vaincre l’envie et le désir dans des situations complexes, vous êtes forgés pour la lutte contre l’orgueil.
C’est donc pour nous préparer à des combats contre nous mêmes et le monde, que le carême est institué dans plusieurs pratiques religieuses. C’est d’ailleurs pour cela que dès que vous vous y consacrez, les tentations sont plus grandes et encore plus féroces.
<< […] nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres […] >> Éphésiens Chapitre 6.
Lovejoyce
blogue-pensees-damour

Au nom de la Vérité!

Bonjour-Bonsoir-Geneve

Laissez-moi ouvrir ce billet par ces quelques citations qui sont meilleurs reflets de ce que je m’en vais vous dire en ce 11 Février 2015.

« Les vérités qu’on aime le moins à entendre sont souvent celles qu’il importe le plus de savoir.« 

Jean-Baptiste Massillon (1742)

« Annoncer des vérités, proposer quelque chose d’utile aux hommes, c’est une recette sûre pour être persécuté.« 

Voltaire (1738)

« La vérité est comme le soleil : une éclipse peut l’obscurcir, mais elle ne saurait l’éteindre.« 

Stanislas Leszczynsky  (1764)


Le paradoxe de la vérité

Toute vérité n’est pas bonne à dire. Même s’il est dit aussi, que nous devrions connaître la vérité afin qu’elle nous affranchisse (Jean 8,32), dans la vie de tous les jours la vérité n’a pas toujours bonne presse. Lorsque les esprits qui doivent l’accepter, sont fermés pour causes de frustration, de déception et de ras-le-bol, vous aurez beau l’asséner cette vérité, elle ne les pénétrera pas. Et pourtant ces esprits l’entendent, en voient l’objectivité, en constatent le réalisme, mais la colère et leur « fermétude1» sont telles, que cette vérité leur est juste difficile à admettre.

Le Togo n’échappe pas, force est de le constater, à cette ambiance normale des sociétés humaines, ambiance toute aussi vieille que le monde. C’est d’ailleurs en cela, que la mission de certains, de transcender ces difficultés d’acceptation de la vérité, afin de continuer à la diffuser, est autant ardue. De tous temps, des hommes et des femmes ont accepté d’être parias, mis au ban de la société, pour continuer à dire la vérité : celle qui repose non seulement sur leurs réflexions, mais surtout  sur la logique et la réalité.

Aujourd’hui j’ai la prétention de faire partie de ces parias, et je l’assume cette prétention. Cela ne date pas d’aujourd’hui, ce sentiment que j’ai toujours eu, de devoir dire les choses telles qu’elles me semblent, au risque de heurter des sensibilités et d’en subir les conséquences.

Dans le tumulte des émotions il faut toujours un souffle d’objectivité pour tenter d’en apaiser la complexité.

Il n’y a certes, aucune gloire à être paria, aucun bonheur à se sentir exclu, rejeté ; mais le sens de la responsabilité impose un déni du confort personnel et exalte plutôt le sens du sacrifice. Seul le temps et souvent bien longtemps après, apporte une once de réconfort.

Et ce n’est pas Galilée qui me démentirait, ni les nombreux autres comme lui, tant célèbres qu’anonymes.

Paria-Margaux-Anquetil


Ma vérité du jour

La politique togolaise devient de plus en plus mon sujet de prédilection. L’époque s’y prête de toutes les façons, et le contexte actuel encore plus. A la veille des élections présidentielles dans notre pays, il est récurrent de tomber dans des discussions politiques où s’affrontent plus de frustrations que d’idées. 10ans après à la tête du Togo, la question de la légitimité de Faure GNASSINGBE est encore sur la table. Remarque : c’est le seul vrai argument de l’opposition et le seul ingrédient de leur lutte depuis 10ans; et même 15ans plus tôt, c’était la question de la légitimité d’Eyadema GNASSINGBE leur seul argument.

Qui va oser dire un jour la vérité que les successions héréditaires dans certains pays d’Afrique ne sont que les conséquences des situations politiques qui les ont précédées ?

Comment passez-vous vingt années voire plus, à déifier un chef d’Etat, à le rendre incontournable en toutes situations, à inventer des fables, des chansons et des hymnes à sa gloire pour espérer qu’à son décès au pouvoir, quelqu’un d’autre que son fils soit le plus légitime à le remplacer, surtout parce qu’à ce moment précis il s’avère le seul à garantir l’unité et la stabilité au sein même du pouvoir? Des exemples ? TOGO, GABON, RD CONGO et prochainement GUINÉE EQUATORIALE.

Et comme au Gabon et en Guinée Equatoriale, au Togo ce n’était pas comme si personne ne savait que c’est ce qui se préparait. Oui tout le monde savait.  Faure GNASSINGBE dès son retour des Etats-Unis avait été programmé pour succéder à son père et c’était un secret de polichinelle. Il a été préparé et impliqué dans la gestion du pays bien avant le décès de son père.Et donc tout le monde s’attendait un peu à le voir succéder à EYADEMA. Mais quand cela s’est passé et qu’il a fallu se joindre à l’indignation populaire l’amnésie est devenue collégiale.

FaureEyadema

L’idée n’est surtout pas de défendre ce genre de succession que tout bon sens réprouverait dans une république, sans dénier surtout le droit à quiconque, « fils de », de prétendre à la magistrature suprême.

L’idée est de dire que ce n’était en rien une surprise pour personne au Togo, et qu’en l’occurrence le traitement particulier fait à EYADEMA ne pouvait qu’aboutir à ce genre de situation. A la disparition d’un chef d’Etat, tel qu’EYADEMA l’a été, il faut avoir été désigné par lui et susciter l’adhésion naturelle de toutes les forces en présence au sein du pouvoir, pour lui succéder et garantir une certaine tranquillité à tous. La preuve de ce souci de stabilité est évidemment le quitus et les divers appuis donnés aussitôt par la communauté internationale au lendemain des élections d’Avril 2005, et ce malgré les irrégularités et les situations déplorables d’alors.

Dois-je rappeler qu’en politique il est courant d’être fils naturel ou supposé, d’illustres personnages pour se donner une certaine légitimité ? Quand Sarkozy se réclamait Gaulliste (De Gaulle), François Hollande de François Mitterand, H.K. BEDIE de Félix HOUPHOUET-BOIGNY et même Allasane OUATTARA qui le lui disputait ? Et quand Gilchrist Olympio fils de Sylvanus OLYMPIO voulut accéder au pouvoir, quand aujourd’hui Jean-Pierre FABRE et Alberto OLYMPIO lui disputent l’héritage politique de son père, quand Agbéyomé KODJO disait qu’il était lui, le dauphin naturel d’EYADEMA en lieu et place de Faure GNASSINGBE, quand Georges Walker BUSH arrivait au pouvoir avec l’appui et la bénédiction de son père Georges BUSH ex président des USA, et Nicolas MADURO au Venezuela qui clame haut et fort l’héritage d’Hugo CHAVEZ, et les frères CASTRO au CUBA, Bachar El Assad en Syrie… la liste est longue et elle se justifie par le nécessaire socle de légitimité que doivent se construire tous les prétendants à la direction des peuples.

 légitimité


Le mérite de FAURE 

Après Avril 2005, le mérite du Président Faure GNASSINGBE est d’avoir activement cherché la pacification du climat politique au Togo. Il est d’ailleurs étonnant qu’on se refuse de lui admettre ce mérite si patent. Le choix d’Edem KODJO comme premier Ministre allait dans ce sens, celui d’ouvrir le jeu politique et ne pas l’enfermer sur son camp politique au risque de renforcer les clivages. La réussite de l’Accord Politique Global et le choix de Yawovi AGBOYIBO comme Premier Ministre pour l’organisation des législatives de 2007 étaient signes d’ouverture également. Mieux encore, le choix d’un non-politique en la personne de Gilbert HOUNGBO malgré la majorité à l’Assemblée Nationale qui était celle de son parti politique d’alors le RPT, était encore une marque de sa volonté d’apaisement du climat politique. D’ailleurs le Premier Ministre Arthème AHOOMEY-ZUNU actuel n’est-il pas issu des rangs de l’Opposition ? Et le Vice-Président du Parti au Pouvoir (UNIR)  Georges Aïdam ?

ouverture

Dans d’autres pays qui connaissent des situations similaires il est plutôt observé un renforcement des positionnements partisans. Cela n’est pas la méthode de Faure GNASSINGBE. La preuve de son ouverture politique est là.

 


oui il reste

Mais Oh que oui il reste des choses à faire. Énormément de choses à faire. Des avancements notables sont pourtant à relever mais l’aveuglement ambiant sur fond de frustrations certes légitimes, ne permet pas de porter ce regard réaliste sur le Togo d’aujourd’hui, en ayant en lumière celui où nous étions avant un certain 05 Février 2005.

Si je comprends bien ces frustrations parce que j’en partage les raisons comme tous les Togolais, je voudrais ne pas les exacerber en essayant de faire feu de tout bois pour alimenter une certaine colère qui ne réussira au final qu’à créer des situations regrettables. Je me focalise sur où nous allons et je nous exhorte à nous concentrer sur cela au lieu de nous distraire à ressasser les rengaines d’une opposition qui échoue déjà si bien à se construire une existence qui soit forte de propositions et d’actions concrètes pour le bien-être des togolais.

– Quand ils disent non à un troisième mandat de Faure GNASSINGBE, posons-leur la question : « alors un premier mandat pour qui ? » pour les voir se chamailler et se battre entre eux, et pour nous de comprendre que pour notre pays la barre est bien tenue même si la mer où nous voguons n’est pas paisible, que le chemin pour arriver à bon port est long, et de faire confiance à notre actuel capitaine qui s’en sort assez bien. Irruption de métaphores maritimes.

– Quand ils disent 50 ans d’une même famille politique c’est trop, demandons leur des comptes des 25ans ans de leur lutte depuis le 05 Octobre 1990 et de ce qu’ils ont fait les vingt-cinq ans d’avant. Ils font bel et bien partie de ceux (avec nos parents) qui ont encensé et élevé EYADEMA au rang de divinité en lui chantant des animations et en concédant tous les privilèges de l’actuelle classe dirigeante. Aujourd’hui il faut leur dire qu’a contrario c’est FAURE qui essaie de nettoyer ce passé complexe du Togo en soufflant un vent nouveau avec des pratiques nouvelles. Tout n’est certes pas rose, mais nous ne lui demanderons pas non plus de scier la branche sur laquelle il est assis et il nous importe plus d’avancer que de remuer sans cesse de vieux démons en nous alignant pour des combats qui ne sont pas les nôtres. Sachez-le: le changement c’est Faure qui l’incarne le mieux aujourd’hui, à l’inverse de ceux qui pourtant le réclament.

 faure change


Les attentes sont nombreuses

Nous devons, surtout en tant que citoyens, rester mobilisés pour le bien de notre patrie et réclamer que l’action de l’Etat soit sans cesse orientée vers le bien-être commun. Les défis qui attendent le Président sont si nombreux que nous devons l’encourager à s’y atteler, tout en gardant à l’esprit que certaines frustrations doivent être résorbées.

– S’éterniser au pouvoir ne doit pas devenir la règle : il faut limiter les mandats présidentiels. L’alternance est aussi un gage de stabilité dans une république et encore mieux en démocratie.

La méritocratie n’est pas facultative elle est obligatoire : Ce n’est que lorsque que les ressources compétentes seraient aux responsabilités que la machine fonctionnera le mieux ; d’ailleurs cela le Président Faure l’a compris et il n’hésite pas à importer des compétences de partout. Mais il reste un fort travail d’adéquation de ces compétences importées, et un vaste chantier d’implication d’une administration dépassée, aux pratiques révolues.

Rome ne s’est pas fait en un jour, on garde espoir.

La question de la punition doit finalement être posée : parce que rien ni même la paix politique, ne justifie que des responsabilités connues ne soient pas versées à la justice pour punition méritée, ne serait-ce que pour dissuader les éventuels contrevenants qui se verraient encouragés par le silence d’Etat.

Le défi du développement inclusif est incontournable : parce que les différentes couches vulnérables de la société voudraient pouvoir vivre dans un pays où leurs besoins primaires seraient satisfaits et c’est bien possible à moyen terme. Il faut mobiliser plus de forces, d’actions et de budgets.

La sensibilisation pour la mobilisation de tous les citoyens passe nécessairement par une bonne communication sur l’action de l’Etat : et ce n’est guère pour prêcher pour ma paroisse. Je suis communicant de métier et le reproche nous est souvent fait de vouloir communiquer pour tout et en tout, jusqu’à ce que le constat de l’utilité irrévocable d’une communication bien construite est fait, et des fois tard et le mal est assez profond…

 travaux_medium


Je voudrais finir ce billet qui s’éternise d’ailleurs, en disant que la vérité n’est pas toujours de dire ce qui recueille l’assentiment du plus grand nombre. Il faut des fois dire ce qui fait mal à l’oreille d’autrui, qui bouscule ses sensibilités, mais qui pourtant doit être dit, pour créer un meilleur changement.

Absit reverentia vero 2

 

 01831


1- « Fermétude » : état de ce qui est fermé (néologisme)

2- « Absit reverentia vero » : ne craignons pas de dire la vérité (locution latine)