9 mars. Et maintenant?

Hier je disais dans un éditorial dans le Journal Point Sud que c’était avec consternation que je participais à cette tradition imparfaite de célébrer les femmes seulement le 8 mars; sans pour autant poser les bonnes questions : Où en sommes-nous avec la situation des femmes dans notre société? Que reste-t-il à faire pour régler définitivement cette question de l’équité entre les genres, qui divise l’humanité?

Hier pourtant il fallait joindre nos voix à toutes celles qui marquaient leurs reconnaissances pour les succès de l’implication des femmes dans divers domaines sur différents territoires. Il fallait quand même rappeler qu’elles sont actives, leaders, meneuses de front, « battantes » comme on dit, puisque malheureusement ces sociétés patriarcales ne leur favorisent pas la tâche et ce n’est que grâce à des batailles gagnées qu’elles arrivent à émerger. Hier nous nous sommes rappelés de celles qui à travers l’histoire ont posé des actes fondateurs, ont sorti la tête de l’eau et ont permis d’insuffler plus de justice et plus d’égalité dans nos vies d’aujourd’hui. Plus de libertés.

Nous devons aux femmes! Pas seulement la vie en naissant. La vie tout court. Tous les empires construits sur la guerre et la compétition, le sang et l’oppression, la loi du plus fort n’ont pas réussi à effacer l’importance de la femme; et ce n’est pas faute d’avoir essayé. La vie, la terre, la planète, la mer, la nature, la nation, la patrie, la plante, la foi… que de choses aux féminins pour lesquelles nous accordons de l’importance et a contrario cette société combat la place de la femme.

Un rappel s’impose toutefois.

L’histoire est prolixe pour dire combien des sociétés primaires étaient soit matriarcales soit équitables. Des civilisations principales de notre histoire révèlent qu’il y a eu des sociétés où la femme n’était pas en proie à de la discrimination systémique, même si elle n’était pas sur les champs de bataille où ne gouvernaient pas directement. Parce qu’elles donnent la vie, elles étaient responsables de la protection de la famille et de l’éducation des enfants. Parce qu’elles donnent la vie elles se sont également occupées de la terre pour que celle-ci produise de quoi nourrir et préserver la vie.  Et parce qu’elles sont naturellement porteuses d’énergies, elles ont été dans les sphères de la spiritualité plus que les hommes. Puis, traitées d’impures et ensuite de sorcières, elles y ont été bannies.

L’hindouisme nous enseigne que les femmes de leurs principaux dieux sont leurs énergies. Le Vaudou indique par l’étymologie du mot (Vé-Dou) Dieu est dans l’équilibre parfait entre le masculin et le féminin. Ce que confirme le Judaïsme si l’on comprend le symbole appelé l’étoile de David. Au-delà des interprétations du Christianisme, entre un Jésus accompagné de douze apôtres et un Simon-Pierre à qui il a confié son église, au moment de sa mort c’est à Marie sa mère qu’il confie son disciple préféré; et à sa résurrection c’est à Marie-Madeleine qu’il s’est révélé avant tout le monde. Qu’aurait été l’Islam si Khadîdja (+40ans) n’avait pas été là pour le jeune Mohammed (25ans).

Les femmes ont tellement été déterminantes dans les histoires fondatrices de nos religions, que c’est faire preuve d’ignorance que d’invoquer la religion pour exclure la femme. Seuls les esprits étriqués et tourmentés mettraient le couvercle sur leurs implications si bien décrites dans nos livres sacrés.

Aujourd’hui.

Le problème de la femme n’est pas seulement d’avoir subi l’action négative de l’homme, qui a bien évidemment profité d’une situation dominante dans la société, pour réduire la femme à sa situation actuelle. Lorsque les prêtres, les gouvernants, les juges n’étaient que des hommes, il n’était pas si compliqué que ça de priver la femme de la parole et de la reléguer dans les confins de rôles secondaires négligeables. Aujourd’hui où grâce aux luttes féministes, beaucoup de luttes ont abouti à plus de libertés pour la femme, que de plus en plus elles participent à des rôles de premier plan, que l’égalité se construit entre l’homme et la femme, comment comprendre les phénomènes de compétition qui s’installent entre les femmes elles-mêmes? Comment comprendre que les jeunes femmes surtout, jouent à travers les réseaux sociaux des postures sexuelles au nom de la liberté, alors que ces vidéos et photos à la limite de la pornographie que l’on trouve à profusion sur TikTok et Instagram, ne font que renforcer les mauvaises perceptions?

La compétition est cet aspect des sociétés dirigées par les hommes qui ont construit les impérialismes et ont détruit l’humanité et surtout l’environnement. Les hommes ont toujours joué à « qui a la plus longue » et s’évertuent constamment à se jauger entre eux et donc à se combattre. La testostérone? Peut-être! Pourquoi alors certaines femmes « féministes » croient devoir se masculiniser pour réussir leur lutte? Pourquoi cette compétition ardue entre elles-mêmes que l’on remarque parfois? La faute au capitalisme et à cette idée tenace du « gagner plus » surtout du « gagner plus que l’autre ». Dans la jungle c’est la loi du plus fort. Et la Terre est devenue si jungle que les animaux s’en meurent.

C’est également la faute au capitalisme et celle de la faiblesse de l’homme pris dans sa libido, qui expliquent l’essor des vidéos, photos et challenges sexualisés qui prolifèrent sur les réseaux sociaux. Le gain est lié à la popularité, cette dernière elle, est liée à la sexualité. Se dénuder rapporte des « Likes » et des abonnés; le tout génère des revenus : sans efforts véritable que de raccourcir ses vêtements, montrer son corps, publier des poses lascives et envoûtantes. #OnlyFans. Avant c’était l’homme qui exploitait les corps des femmes pour activer la consommation frénétique : les premières heures de la publicité. Aujourd’hui les femmes, au nom de la liberté de jouir de son corps et d’en jouer se dénudent beaucoup plus, à la recherche de « l’influence » sur les réseaux sociaux. Mais disent-elles, ce sont les éducations des garçons qu’il faut faire, ou refaire. Leur apprendre à se contrôler. En effet cette éducation est nécessaire parce que comme dit dans un précédent billet sur ce même blog : Le Mâle est profond!

Et l’éducation des jeunes femmes prises dans les pièges du gain facile et des mauvais exemples sur les réseaux sociaux?

On en parle? Une autre fois.

Pour l’heure, peu importe le moment où vous lirez ce texte, dites-vous que c’est la Journée internationale des Droits des Femmes. Parce que le 8 Mars c’est chaque jour!

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